Archives du mot-clé gaspillage

Une planète trop peuplée ?

Oui, la Terre peut héberger tout le monde, voire plus. Voici un livre qui remet les idées en place. Ou presque.

Nouveau jugement

Je ne crois pas me tromper en disant que la majorité des gens comme moi, soucieux de la santé de notre planète, pense que nous sommes trop nombreux sur terre. En tout cas c’était mon sentiment. N’avais-je pas débuté mon blog avec la chronique d’un livre polémique, qui donnait le ton ?

Mais après la lecture de ce livre-ci, sous-titré « Le mythe populationniste, l’immigration et la crise écologique » , je revois mon jugement, même si certains paragraphes m’ont crispé.

On doit ce ouvrage claire, structuré et didactique à Ian Angus, activiste éco-socialiste et rédacteur en chef de Climate and Capitalism, et Simon Butler, militant pour la justice climatique. Sans être économiste ou démographe, ils nous disent que oui, il y a assez de place sur Terre pour tout le monde. Et que les misères de l’homme tiennent à sa société inégalitaire et non à un manque de ressources.

La bombe P qui n’a pas explosé

S’il y a un sujet qui se prête aux idées simplistes et aux raccourcis, c’est bien celui de la surpopulation. Mais mettre en parallèle la courbe de l’accroissement de la population avec, par exemple, celle du réchauffement planétaire, insuffisant pour y voir un lien de cause à effet… de serre !

Des erreurs d’appréciation sur la (sur)population, cela fait des décennies qu’on en commet. Au point d’avoir ancré dans l’esprit collectif l’idée de la fin du monde les pieds dans l’eau et le ventre creux.

En 1974 un démographe nous annonçait que dans 700 ans il ne resterait qu’un pied carré de terre pour chaque être humain. Avant lui, en 1968, Paul R Ehrlich et sa femme sortaient « La Bombe P », best-seller alarmiste, qui avait tout faux sur les prédictions pour les années à venir. Un comble quand on sait que le taux d’accroissement de la population mondiale a amorcé un ralentissement cinq ans avant qu’ils ne commettent leur livre, anéantissant la théorie d’une croissance exponentielle.

Un livre qui ne plaira pas aux populationnistes
Un livre qui ne plaira pas aux populationnistes

La faim du monde

« La population est une abstraction, et non une entité réelle » nous disait Karl Marx. Et établir de simples projections mathématiques, comme le font les populationnistes, c’est ignorer la complexité de la société humaine. La natalité dépend du pays, de l’économie, de la religion, de l’éducation, de la politique : tous ces paramètres rendent les prévisions difficiles.

Toutefois, même si une projection à long terme est hasardeuse, il parait raisonnable d’accepter les chiffres de l’ONU, qui prédit 9 milliard d’humains en 2050, et une stabilisation de la population à la fin du siècle.

Cela fait-il encore trop de bouches à nourrir ? « La production de céréales dans le monde suffirait à elle seule aujourd’hui à fournir quotidiennement 3 500 calories à chaque être humain sur la planète. » (p. 108)

Pourtant, près d’un milliard d’humains ne mangent pas à leur faim. Où est le problème ?

  1. La nourriture va où est l’argent. Les gens gagnant 25 $ l’année sont en concurrence avec ceux gagnant la même chose à l’heure !
  2. Les céréales sont transformées en bœuf : 40 % des récoltes servent à nourrir le bétail.
  3. Le maïs est transformé en carburant. « En 2007, les véhicules américains ont brûlé assez de maïs pour couvrir l’ensemble des besoins à l’importation des 82 pays les plus pauvres du mondes. » (p. 110)
  4. D’immenses quantités de nourriture sont détruites, gaspillées ou jetées. Y mettre fin pourrait non seulement résoudre les problèmes de la faim dans le monde, mais aussi en nourrir trois milliards de plus.

Quant à savoir si une agriculture intensive est nécessaire pour y arriver, l’expérience de Cuba, qui a été coupée en carburant, engrais et pesticides suite à l’effondrement de l’Union Soviétique, montre qu’une agriculture écologique peut nourrir le monde.

On peut donc clore ce chapitre sur la faim dans le monde. Et plutôt s’enquérir de l’impact écologique de cette multitude d’humains.

Le pire pollueur du monde

Plus d’habitants égal plus de pollution, évidemment. Imposons donc un planning familiale aux pays du Sud, de l’Afrique en particulier, pour que cesse cette reproduction hors de contrôle !

Sauf qu’un Américain émet 400 fois plus de CO2 qu’un Malien. Ne se trompe-t-on pas de cible ? Les auteurs pointent du doigt les vrais coupables :

  • Les très riches, superconsommateurs dont l’impact écologique est disproportionné. « Les 5 % des Américains les plus riches possèdent plus que tous leurs concitoyens réunis. » (p. 199)
  • Notre système économique qui crée le besoin, impose ses produits, dicte nos choix. Le consommateur n’est pas le souverain des lois du marché, comme le prétend une majorité d’économistes. Une personne se rendant sur son lieu de travail en voiture n’a sans doute pas d’alternative moins polluante : pas de transport en commun, pas de voiture à technologie verte, pas d’infrastructure pour partager son véhicule.
  • L’impératif de la croissance et son instrument de mesure, le PIB, qui avantage le capitalisme et pas la société.
  • Corolaire de cette croissance imposée, le gaspillage et la pollution qui « ne sont pas une conséquence fortuite ni une déficience du marché. Ils s’intègrent au fonctionnement du système. » (p. 241)
  • Les armées et les guerres ! Première consommatrice de pétrole au monde, l’armée américaine est « le pire pollueur au monde » . Et la guerre en Irak a généré autant de CO2 que 25 millions d’automobiles.
Invasion of the saucer-men edited
Et si certains ne demandaient pas mieux que l’on soit nombreux sur Terre ?

Pauvres consommateurs

« Dans une large proportion, la consommation (le flux de production) n’engage en rien les utilisateurs individuels de produits. » (p. 187)

Voilà qui me dérange !

Les deux auteurs ont tendance à présenter le consommateur comme une victime et, avec la citation ci-dessus, signifient que s’il peut faire un effort sur les 1 % de déchets qu’il génère, ce n’est rien par rapport aux 99 % généré par l’industrie.

Plusieurs fois dans le livre l’idée d’une causalité inexistante entre l’activité industrielle et le nombre de la population est défendue : si on divisait de moitié la population américaine, les entreprises américaines ne réduiraient pas d’autant leur production et leur destruction écologique. (p. 242)

Je ne comprend pas ce principe. Je ne peux pas imaginer qu’acheter moins de matériel électronique, pour prendre un exemple emblématique, n’aurait aucune conséquence sur l’industrie et la quantité de déchets produits.

Le consommateur est victime d’un système qui dicterait son comportement ? Une victime consentante, oui ! C’est oublier qu’une prise de conscience pousse certains d’entre nous à consommer différemment, à devenir acteur du changement. Et c’est un mouvement qui grandit, preuve que l’industrie ne contrôle pas tous nos faits et gestes.

Gosses de riche

Une partie du livre est consacrée à l’immigration, un sujet tellement chaud et complexe qu’il mériterait un autre article.

Mais il serait injuste de ne pas faire passer le message du livre, éveillant notre conscience avec ce que disait l’historien Robert Biel : « […] une partie du monde est pauvre parce que l’autre est riche. » Et de se rappeler qu’en 1750 le niveau de vie moyen était à peu près le même au Nord qu’au Sud.

La conclusions des auteurs est que la menace qui pèse sur l’humanité est dûe à son activité et non à sa démographie. Ils donnent leurs recommandations pour une « révolution écologique », qui vont dans le sens de nombreux articles de ce blog…

« Une planète trop peuplée ? », Ian Angus et Simon Butler, 301 pages, les éditions écosociété

Le système capitaliste, et non la taille de la population, est au fondement de la crise écologique actuelle. (p. 244)

View Results

Loading ... Loading ...

Allons au Repair Café

Quel est le café où l’on va avec son grille-pain sous le bras, s’il est cassé ? Au Repair Café, pardi !

Belgique, pays des cafés

Le Repair Café « est un temps ou un moment dédié à la réparation d’objets et organisé à un niveau local, entre des personnes qui habitent ou fréquentent un même endroit (un quartier ou un village, par exemple) » (WikiPedia). Inventé chez nos voisins hollandais en 2009, c’est une réponse au gaspillage et à l’obsolescence programmée.

Cette initiative citoyenne a maintenant dépassé les frontières de nos voisins : il y en a quelques 700 dans le monde, concentrés principalement en Hollande, en Belgique et en Allemagne. En fait, c’est un mouvement qu’on ne trouve que dans les pays occidentaux, les autres pays ayant gardé l’habitude de la réparation plutôt que de jeter : on n’a rien à leur apprendre !

Jeter mon grille-pain ? Pas question !
Jeter mon grille-pain ? Pas question !

Sur notre territoire, on peut être fier d’avoir une petite centaine de Repair Cafés. Dont un dans ma commune. Décidément, Jette nous gâte en matière d’initiative citoyenne.

Je n’attendais qu’un motif pour vivre cette nouvelle expérience citoyenne, et c’est mon grille-pain qui m’offre le ticket d’entrée. Il fait sauter le disjoncteur : c’est grave, docteur ?

Numéro 13 : un porte-bonheur ?

Un Repair Café est organisé chaque mois au sein de chaque commune. Je consulte le calendrier sur le site officiel Belgique pour savoir quand et où aura lieu le prochain rendez-vous : c’est le 4ème dimanche du mois, entre 15 et 17 heures, dans une salle bien connue des Jettois pour ses activités culturelles et associatives.

Me voilà sur place, mon grille-pain sous le bras. Je suis accueilli par une dame qui voit en moi les signes d’une « première fois ». Elle m’explique donc que je dois :

  1. lire le règlement (en gros : il ne faut pas poursuivre le réparateur si son intervention échoue) ;
  2. indiquer sur un document : nom, type d’appareil, explication de la panne, signature pour approuver le règlement et, pour la fin, le succès de l’intervention ;
  3. attendre mon tour : aujourd’hui, c’est calme, me rassure la dame, car la dernière fois il y avait une cinquantaine de demandes. D’ailleurs il vaut mieux venir dès l’ouverture.

J’ai le numéro 13 : je ne devrais pas attendre trop longtemps.

Dans la résistance

Je m’installe, une bière à la main, et observe toute cette activité bon enfant.

Il y a quatre réparateurs, tous déjà bien occupés sur un échantillon varié d’objets de notre vie moderne : un tourne-disque qui ne tourne plus, un micro-ondes qui n’émet plus de bonnes ondes, un vélo qui ne file plus droit, et un ordinateur capricieux.

Mais il y a aussi des couturières. Car les vêtements ont aussi droit à des mains expertes.

Du vélo à l'ordinateur en passant par le grille-pain : tout se répare
Du vélo à l’ordinateur en passant par le grille-pain : tout se répare

Voilà, c’est mon tour.

Je m’installe en face du technicien qui semble spécialisé dans l’électro-ménager (il n’est pas rare de devoir passer son tour, en attente du réparateur le plus qualifié pour son problème). Mais n’allez pas croire que c’est son domaine : notre homme est programmeur d’automates. Il a rejoint le Repair Café il y a quelques mois, et estime réussir 75 % de ses interventions.

Je suis confiant, me disant qu’un objet aussi simple qu’un grille-pains ne doit pas poser de problème. Hélas, après 10 minutes de manipulations, le verdict tombe : la résistance est cassée. Irréparable. Du moins avec les moyens ici.

Engagez-vous

C’est donc un échec. Mais que cela ne décourage pas de revenir. En fait, les Repair Cafés ont un taux de réussite de 60 %.

En partant, je remets ma feuille cochée « non réparé ».

Et je glisse un petit billet dans la caisse : tous ces bénévoles le méritent bien.

Et qui sait si un jour vous n’en ferez pas partie ? Vous ne seriez pas un peu bricoleur, par hasard ? Si oui, faites profiter le Repair Café de votre quartier. Voilà un activité du dimanche très gratifiante !

Ce grille pain fait partie des 40%
Les Repair Cafés ont besoin de vous

Les Repair Cafés...

View Results

Loading ... Loading ...

Produit de merde

Pour la troisième fois, une des oreillettes de mes écouteurs ne fonctionne plus. En quelques mois. C’est vraiment un produit de m…, et je tiens à le faire savoir.

Produit de marque ?

« Produit de m… », avec « m » comme « marque »… ou comme « merde » !

L’écrire me rebute, mais il faut bien appeler un chat « un chat ». Je n’ai pas trouvé mieux que cette expression qui vient naturellement quand on est en possession d’un produit qui ne remplit pas ses promesses.

Mais attention, pas n’importe quoi. Je ne vise pas l’appareil photo chinois acheté pour quelques poignées d’euros, du pèse-personne reçu avec le sofa, ou d’une montre gagnée à la foire ! Je met ces objets dans la catégorie des « produits toxiques », et on en parlera à une autre occasion.

Non, veux parler des produits de marque. Vous savez, ceux qui sont sur-emballés, qui changent tous les six mois avec la « nouvelle collection », qui sont nouveaux mais n’innovent en rien.

Pourquoi tant de colère ?

Parce que la fabrication d’un produit, que ce soit une chaussure, un stylo, un téléphone ou un t-shirt, a une empreinte écologique non négligeable : en matières premières, en eau, en énergie.

Parce qu’il a certainement été fabriqué dans des conditions déplorables.

Parce qu’il a traversé des milliers de kilomètres pour arriver jusqu’à moi.

Pour toutes ces raisons, si ce que j’ai acheté est de mauvaise qualité ou devenu inutilisable dans un délai anormalement court, c’est un échec bien au-delà du seul argent perdu. Le jeter pour acheter autre chose ne me permet pas de soulager ma conscience, bien au contraire.

Alors j’enrage, je piétine, et je brûle d’envie de crier au fabricant : « sous vos beaux habits de branding, vous m’avez juste vendu un produit de m… » .

Voici deux cas.

Prada, des lunettes biodégradables ?

Mieux que des lunettes en écailles : les lunettes qui s’écaillent !

Il faut croire que payer plus de 100 € pour une paire de lunettes (verres non compris) n’est pas suffisant pour avoir de la qualité. Entre parenthèses, que des lunettes coûtent autant qu’un vélo m’a toujours exaspéré !

Il n’a fallu que quelques mois pour que la peinture noire des montures commence à partir. Elles n’ont apparemment pas été conçues pour l’extérieur. Ou que la monture ne résiste pas à l’acidité de la peau (conseil pour éviter un procès : ajouter dans la notice « Attention, ces lunettes ne sont pas faites pour l’extérieur ni pour entrer en contact avec la peau » ).

Lunettes Prada, lunettes… Ah non, ne soyons pas grossiers !

Les lunettes qui vous donnent l'illusion que le temps passe vraiment vite
Les lunettes qui vous donnent l’illusion que le temps passe vraiment vite

Urbanears ne sait pas souder

Ils se déclinent en orange, en gris, en bleu, en jaune, en vert : les écouteurs Urbanears sont attrayants et tiennent parfaitement dans l’oreille grâce à leur EarClick. Avis aux joggeurs comme moi !

Le monde serait parfait si seulement cette marque suédoise avait mentionné dans le cahier des charges, destiné au fabricant chinois, que les soudures devaient tenir « le temps généralement admis dans la profession » .

Car voilà, après deux mois, ça crachote dans une oreille, puis plus de son. Retour au magasin : l’échange se fait sans discussion (et je salue Jogging Plus qui a fait preuve de bonne volonté). Mais quelques mois plus tard, je reviens avec le même problème. Nouvel échange. Je choisis une autre couleur : on ne sait jamais que ceux que j’avais rapportés sont de retour dans le rayon. Je suis donc avec le troisième exemplaire de ce produit : il tient un peu plus longtemps. Puis patatras, une oreille crachote et puis, air connu, plus rien. C’est toujours la même histoire : quelque chose a lâché dans le mini-jack.

La garantie est à présent passée. Le feuilleton est terminé. Le verdict tombe, implacable : trois exemplaires avec le même problème, c’est bien un produit de m…

Urbanears va vous refaire découvrir le son mono
Urbanears soigne son packaging et c’est tout

Indignez-vous, hashtaguez !

Comment crier à la face du monde que c’est un produit m… auvais ?

En le balançant dans les réseaux sociaux ! Twitter en tête, grâce au hashtag #produitdemerde, en anglais #shittyproduct ou #crappyproduct. En n’oubliant pas de l’adresser à la marque (par exemple @urbanears).

Et joignons-y une photo, sur laquelle se place, comme un marquage au fer rouge, le logo créé à cet effet. Eh oui, j’ai mis du cœur à l’ouvrage ! Voici même une petite page web qui permet de marquer votre photo !

Logo produit de merde

Le génie humain, quand-même

On se calme.

Je l’écris sans rire, même pas un sourire crispé : je suis souvent émerveillé par la qualité de nos produits et l’ingéniosité humaine. Par rapport à ça, il est difficile de ne pas consommer à gogo !

Et sur les centaines d’objets accumulés durant ces quelques dizaines d’années de consommation irréfléchie, je n’ai trouvé que ces deux malheureux produits à mettre au pilori.

Et vous, en avez-vous ?

Je guette vos hashtags…

Faisons connaître les produits de merde

View Results

Loading ... Loading ...