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Conférences TED

Il y a quelques années je vous expliquais pourquoi je raccommodais mes chaussettes. Cette fois je vous apprends comment ces travaux de couture m’enrichissent l’esprit : merci TED !

Un monde sans TED ?

Que ceux qui connaissent TED lèvent le doigt. Que ceux qui pensent à l’ours en peluche, subversif, fumeur et alcoolique, se ravisent. Ah, je ne vois plus beaucoup de doigts levés.

Et pourtant, googlez sur « ted » :  le site officiel www.ted.com arrive en tête des résultats. Comment êtes-vous passé à côté ?

TED signifie Technology, Entertainment and Design, et ça ne nous aide pas : tournons-nous vers Wikipedia :

La conférence TED définit sa mission comme « propagateur d’idées », et met gratuitement à la disposition du public les meilleures conférences sur son site Web. Les exposés couvrent un large éventail de sujets, tels que la science, les arts, la politique, les questions mondiales, l’architecture, la musique et plusieurs autres sphères de compétences. Les intervenants eux-mêmes sont d’une grande variété de disciplines.

Il s’agit donc de conférences, se distinguant généralement par :

  • un orateur sur une large scène (salle de cinéma, théâtre) ;
  • un exposé de 10 à 18 minutes ;
  • une captation professionnelle par plusieurs caméras ;
  • un logo TED ou TEDx sur la scène.
ExtraPaul au TED ? Quand je m’approcherai du but !

L’école qui tue en 60 langues

TED a été créé en 1984 par une fondation à but non lucratif aux Etats-Unis. Sa popularité vient de son catalogue de conférences accessibles gratuitement en ligne : quelques 2.400 vidéos, totalisant plus d’un milliard de vues.

Ainsi pouvons-nous voir Bono annonçant de bonnes nouvelles sur la pauvreté, Jane Goodall expliquant la cohabitation avec les animaux, ou JJ Abrams racontant sa boîte mystérieuse.

La majorité des exposés sont en anglais, mais beaucoup disposent de sous-titres. Voyez la vidéo la plus populaire : Do schools kill creatitivity ? (les écoles tuent-elles la créativité ?). Elle est sous-titrée en 60 langues !

Malgré tout, les conférences sous-titrées n’arrangent pas mon affaire…

Conférences X

Car les conférences TED sont parfaites pour occuper l’esprit pendant une tâche manuelle, comme de raccommoder ses chaussettes ! Pour autant que l’on n’ai pas besoin des sous-titres.

Mon anglais étant déplorable, je dois me passer des conférences anglo-saxonnes quand mes yeux se focalisent sur une aiguille !

C’est là qu’entrent en jeu les TEDx : des conférences indépendantes respectant la charte TED, organisées par des volontaires partout dans le monde, dans la langue locale. Il suffit de googler sur « tedx français » pour trouver les conférences dans notre langue. Cette même recherche dans YouTube vous donne un bon point de départ : lisez une première vidéo, et d’autres vous seront proposées ensuite.

Playlist chaussettes

J’ai créé dans mon compte YouTube une playlist pour y placer toutes les vidéos éveillant ma curiosité : elle s’appelle… « Chaussettes », évidemment. Je clique sur « Tout regarder », et les vidéos s’enfilent tandis que je tire sur le fil !

Regardez des conférences TED ouvre des horizons. Ne vous cantonnez pas aux seuls sujets qui vous intéressent : certains exposés vous mèneront à un point de vue inattendu. Pour vous en convaincre, regardez ces quelques conférences, ajoutées dernièrement dans ma liste.

Raccommodage pendant l’exposé de Céline Imart

Plongez donc dans les conférences TED, et si vous en trouvez une sur le raccommodage de chaussette, prévenez-moi !

Les conférences TED...

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On marche sur la dette

Nos ancêtres avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête. Aujourd’hui, c’est la dette qui nous fait peur. Et pourtant, on peut marcher dessus : « Vous allez enfin tout comprendre » , nous promet ce livre.

Dédramatisons

« Nous aussi, la dette, on avait l’impression de ne rien y comprendre avant d’écrire ce livre. Il ne fallait pas compter sur les experts en expertises pour nous éclairer. »

Christophe Alévêque est comédien, humoriste, et Vincent Glenn est réalisateur de documentaires sur des sujets de société : aucun n’a vraiment le profil pour nous expliquer la dette. Et pourtant : « Nous avons donc décidé d’arrêter définitivement d’être cons et de devenir économistes » .

Ça promet ! Pour un ouvrage rigoureux et objectif sur l’argent et la dette, il faudra aller voir ailleurs. Pour le plaisir de lire, rigoler un peu et beaucoup sourire – et en apprendre un peu plus sur cette foutue dette, quand même – c’est le livre idéal. Mais on ne prendra pas tout ce qui est écrit… pour argent comptant !

En 16 petits chapitres (« Sommes-nous en crise ? », « Mais qu’est-ce qu’une dette ? », « À qui doit-on cet argent ? », « Qu’est-ce qu’on va laisser à enfants ? », etc.), nos deux compères nous rendent moins ignorants, mais aussi moins effrayés par cette dette colossale, qui n’est pas le signe d’une mauvaise santé économique.

Car quel est le pays le plus endetté au monde ? Les États-Unis. Et quel est le pays le plus puissant au monde ? Les États-Unis !

Quel est le pays le plus endetté au monde, déjà ?
Quel est le pays le plus endetté au monde, déjà ?

Arrêtons d’effrayer les bébés

« Tous les États sont toujours endettés en permanence parce qu’ils empruntent pour investir dans la santé, l’éducation, la recherche, dans des produits qui vont produire de la richesse. » (p. 30)

La dette fait peur car elle est énorme. Mais relativisons. « La France, avec toutes ses activités, génère 2.000 milliards d’euros de valeurs économiques par an. C’est pratiquement le montant de sa dette. » (p. 59) Ramené à notre personne, c’est comme si nous gagnions 2.000 euros par mois, et que nous étions endettés de 24.000 euros, soit notre salaire annuel. Et l’État a un avantage supplémentaire sur nous : il est immortel !

Alors, quand on dit que chaque enfant naît avec une dette de 30.000 euros, c’est ignorer qu’il hérite des avoirs de l’État : des hôpitaux, des écoles, des piscines, des routes, des châteaux, Brigitte Bardot et Mireille Mathieu. Cela fait 429.000 euros par ménage français, pour un patrimoine évalué à 11.939 milliards d’euros. « À côté, notre dette souveraine ressemble plus à un minou qu’à un gros loup. » (p. 79)

Et c’est sans compter le patrimoine des entreprises, soit 1.600 milliards pour les sociétés non financières et 700 milliards pour les sociétés financières.

« Le bébé français nait riche endetté, mais sept fois plus riche qu’endetté. Et comme on ne prête qu’aux riches… » (p. 81)

Mais hélas tout n’est pas rose…

Annuler tout

« S’il n’y avait que la dette tout court, chers contribuables, nous n’aurions pas écrit ce livre. » (p. 83)

Car chaque année la France doit rembourser quelque 50 milliards d’euros (chiffre de 2014). Ce qui représente les deux tiers de l’impôt sur le revenu. « On sait maintenant où passent nos impôts : dans la tirelire de nos heureux créanciers. »

Et il n’est pas question d’arrêter de payer : car alors, on ne nous prêterait plus !

Mais il peut y avoir une porte de sortie : quand la dette devient trop lourde. Ou qu’elle est illégitime : le débiteur a mal été informé, ou l’emprunt n’a pas bénéficié au service de la population. On a ainsi déjà assisté à l’annulation totale ou partielle d’une dette pour l’Allemagne (1953), la Pologne (1991), l’Irak (2003), l’Équateur (2008), l’Islande (2011) et l’Irlande (2013).

Jouer à cache cash

Mais au fait, à qui doit-on cet argent ? « Étonnamment, c’est une question qui n’est pas très médiatique. […] Nous devons… aux banques et euh… » (p. 89)

Nous avons emprunté, mais on ne sait pas à qui. Pourquoi ? « Parce qu’on n’a pas le droit de savoir. L’identification nominative des détenteurs de créances sur l’État français est interdite. Elle est bien bonne, celle-là ! » (p. 91)

Mais imaginons que nous arrêtions de payer nos dettes : qui arriverait en premier au bureau des réclamations ? Eux : les banques, les assurances et les fonds spéculatifs. Agissant pour deux tiers de créanciers non résidents, au travers des paradis fiscaux, ces institutions jouent à « cache cash ».

Rassuré par le médiocre

Si vous n’avez jamais rien lu sur l’économie, et qu’en apprendre un peu en vous amusant vous tente, lisez ce livre. Car parler de la dette, c’est aussi évoquer tout ce qui tourne autour. Et nos deux auteurs prennent beaucoup de malin plaisir à nous expliquer notre monde économique.

Je ne résiste pas à vous faire partager quelques phrases, juste pour le plaisir :

  • « La masse monétaire est aussi fiable qu’une pilule du lendemain prise la veille. » (p. 47)
  • « Vous aussi faites l’expérience chez vous : prenez une Bible et remplacez Dieu par Marché. Vous verrez, ça marche. » (p. 156)
  • « La BCE est devenue tellement indépendante qu’elle n’a de compte à rendre à personne, enfin… pas à nous en tout cas. » (p. 111)
  • « Imaginez Gérard, qui décide tout à coup de faire une BA : il veut augmenter le PIB de son quartier. Il lui suffit de crever les pneus de toutes les voitures de votre rue ; […] assurances, dépenses de garagiste, frais d’hôpital s’il se fait choper. Bref, un geste débile peut doper l’économie […] » (p. 74)

Et voici un dernier extrait, en guise de conclusion :

« En fait, rumeurs et prévisions économiques procèdent sur le même mode. En s’attendant au pire, on est rassuré par le médiocre […] » (p. 160)

« On marche sur la dette », Christophe Alévêque et Vincent Glenn, 175 pages, Éditions de la Martinière

Ce questionnaire est proposé par les auteurs : cochez une des cases suivantes...

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Lettre ouverte aux femmes

On a beau lutter, se révolter, s’indigner : notre monde n’a pas l’aire de beaucoup changer. Et si l’explication était ailleurs ? Dans un excès de masculin ? Un livre nous l’explique, et montre la voie d’un cheminement intérieur.

Le féminin pour éviter le mur

Vincent Commenne, souvenez-vous, est l’initiateur des Créatifs Culturels en Belgique. Un mouvement auquel je m’identifie et que je soutiens avec fierté.

L’étude qui a révélé l’existence de ces « créateurs de culture » a aussi montré que deux tiers d’entre eux sont des femmes. Ceci expliquant sans doute cela, les « valeurs féminines » ont donc une grande place dans le mouvement des Créatifs Culturels.

Mais qu’entend-on par les valeurs ou notions de Féminin, et a contrario Masculin ? Aucunement une distinction homme/femme. Mais bien des valeurs, des comportements que l’on retrouve plus dans un sexe que dans l’autre. Par exemple, pour le masculin on a la rapidité, la volonté, l’objectivité, la stabilité, l’action, l’individualisme, la compétition. Et l’émotionnel, l’intuition, l’écoute, la sensibilité, la profondeur, la coopération pour le féminin.

Pour l’auteur, les qualités féminines constituent la voie pour éviter que le monde « aille droit dans le mur ».

Explications…

Défaillance masculine

« Tout le confort matériel dont nous jouissons vient du principe Masculin. Merci à lui. » (p. 14)

C’est en effet au Masculin que l’on doit le monde dans lequel on vit. Mais ce monde laisse trop peu de place au féminin. Et maintenant la machine s’emballe : « le Masculin laissé à lui-même n’a pas dans sa nature de prendre soin des autres, de se soucier des parties prenantes que sont le personnel, les clients, les fournisseurs, l’environnement… Il est plus dans sa nature de les utiliser pour ses objectifs propres. Et c’est la raison pour laquelle […] on se retrouve tête-bêche : l’humain au service de l’économie qui est au service de la finance. » (p. 16)

Ce « système » est combattu par une multitude de mouvements. Mais chacun bataille dans son coin, pour sa propre cause, n’engrangeant que de petites victoires isolées. La multitude et la complexité de notre société empêchent un changement global par ces voies militantes.

Pourtant, il existe un « trait commun » à ces maux que nous combattons. Et quand on le comprend, une solution, simple, émerge : « nos problèmes (collectifs et individuels) sont dus à un excès de Masculin, les solutions déjà en route sont enracinées dans le Féminin et celles qui attendent d’émerger encore davantage. » (p. 14)

Invasion of the saucer-men edited
Encore pire qu’un monde dominé par le Masculin : celui envahit par des extra-terrestres… mâles !

Homme version 2.0

Le sous-titre du livre, « Le monde et les hommes ont besoin de vous », prend dès lors tout son sens.

Si l’auteur en appelle aux femmes pour « renverser la vapeur », il invite aussi les hommes à mettre du féminin dans leur manière d’être. Et ce sont les femmes qui contribueront à les faire advenir.

« Les hommes que les femmes ont commencé à rechercher ne sont plus ceux qui ont construit cette société mais ceux qui pourront évoluer avec elles. » (p. 43)

Un des chemins pour y parvenir est… la sexualité. L’auteur y consacre un bon chapitre, considérant que « la sexualité peut devenir, aux côtés d’autres ressources, un levier pour l’évolution de la société. » (p. 49). Car cet espace d’intimité, la plus profonde chez nous, est dominé par le masculin. Voilà donc un terrain particulier où la femme peut mettre l’homme sur la voie du féminin, en même temps qu’elle peut s’épanouir et trouver une puissance pour peser sur le monde.

Des cercles pour ne plus tourner en rond

« Le monde a besoin d’hommes qui se conduisent avec lui comme vous voudriez que le vôtre se conduise avec vous. Pour atteindre cela, c’est vous qui allez faire la différence. » (p. 2)

Voilà l’appel fait aux femmes. Pour « freiner le Masculin, favoriser l’émergence du Féminin », le livre donne de nombreux conseils et exemples, en plus d’être interactif (il renvoie à des vidéos, laisse une page à compléter par le lecteur concernant ses facteurs de stress, et se complète par un site web).

Le monde a besoin de femmes (et d'hommes) qui lisent ce livre
Le monde a besoin de femmes (et d’hommes) qui lisent ce livre

Mais l’auteur propose aussi un accompagnement, avec la mise en place de Cercles de femmes. Et, agissant au travers des Créatifs Culturels en Belgique, il donne le coup d’envoi avec un cycle d’ateliers.

« Je serais probablement encore un cadre surpayé par sa multinationale si je n’avais rencontré le Féminin lors de la première aventure intérieure que je me suis donné à vivre, celle qui fut fondatrice de mon chemin d’homme. » (p. 83) Vincent Commenne a ouvert la voie, il l’explique et il est prêt à nous accompagner : il ne reste plus qu’à le suivre.

« Lettre ouvertes aux femmes », Vincent Commenne, 97 pages, auto-édité

"Le féminin est l'avenir du genre humain" (p. 59)

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