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Une donnerie pour Jette

Je voulais que ma commune ait une donnerie virtuelle : un site web pour publier des annonces d’objets à donner. Elle n’en avait pas. Alors je l’ai créée !

Jette a sa donnerie

Un livre trop loin

Je vis à Bruxelles. Et un habitant de Liège donne un livre m’intéressant : j’ai trouvé son annonce sur un site spécialisé. Mais suis-je prêt à parcourir une centaine de kilomètres pour obtenir ce livre ? Non. Et ce liégeois voudra-t-il me l’envoyer ? Non plus : déjà qu’il le donne, ne lui en demandons pas trop !

Mais voici que livre est à donner à Bruxelles… mais de l’autre côté de la ville. Vais-je traverser la cité pour l’acquérir ? Ce n’est pas sûr.

Et si ce livre est donné dans ma commune ? Là j’accepte de marcher ou pédaler pour l’obtenir… Si en plus il est dans ma rue,  je lierai connaissance avec un voisin !

Ce raisonnement m’a conduit à la conclusion suivante : un site d’annonces d’objets à donner ne peut réussir que s’il est local, portant sur un territoire délimité. Tel qu’une commune ou un village.

Existe-t-il des communes proposant un tel site ? État des lieux…

La donnerie qui n’existait pas

Un endroit où les gens entreposent des objets à donner se nomme « donnerie » . La carte des initiatives du RCR permet de trouver les donneries de Bruxelles et de Wallonie : il s’agit principalement de pages Facebook et de listes de diffusion Agora, qui ne me satisfont pas.

Seule la donnerie d’Etterbeek répond à mes attentes : cette commune a développé un site d’annonces s’adressant à ses citoyens. Mais qui gère ce site ? Personne ne répond à ma demande d’information.  L’idée d’une collaboration avec cette donnerie tourne donc court : je n’ai plus qu’à retrousser mes manches et concrétiser ce que j’ai en tête.

Et voici comment je vois les choses…

Des cassettes VHS pour le monde entier

Visiter une donnerie, c’est comme parcourir un marché aux puces : on flâne, on cherche rarement quelque chose en particulier, mais on espère tomber sur une bonne surprise.

J’imagine donc mon site au plus simple : une page avec des annonces dans leur ordre d’arrivée (les plus récentes en tête). Pas de blabla, pas de news, pas de recherche, pas de « Bienvenue sur la donnerie de Jette » : vous arrivez, vous découvrez ce qu’on donne… vous contactez !

Mais surtout : seuls les habitants et travailleurs de la commune peuvent poster des annonces. On s’inscrit donc en choisissant la rue dans laquelle on habite ou on travaille.

Pour autant, le site ne se coupe pas du monde : n’importe qui peut consulter les annonces et contacter les donateurs. Après tout, si un liégeois est prêt à se déplacer pour mes cassettes VHS…

Tu vois, tu prends

Chemin de croix

Je commence mon entreprise en août 2017 : mon temps libre est partagé entre la programmation du site et un entraînement en vue de mon Chemin de St-Jacques de Compostelle.

Arrive septembre et j’entame mon chemin de croix… Non, en fait il y en a deux !

Car une autre idée fait… son chemin ! Je ne lancerai pas le site en mon nom : je veux le confier à la commune.

Je contacte donc mes quelques connaissances travaillant à l’administration communale. Les réactions sont enthousiastes. Mais les rouages de l’administration sont complexes (et impénétrables ?) : le chemin est plus long pour les convaincre que pour programmer le site. La décision n’arrivera qu’en janvier 2018 : oui, la commune adopte le site et le promotionnera !

Vous êtes les 1 %

C’est une belle reconnaissance pour mon travail.

Et une belle vitrine pour mon ambition : mettre le code du site à disposition des communes et quartiers qui souhaiteraient avoir leur propre donnerie virtuelle.

En ce mois de mars 2018, le site est officiellement lancé. Il est ouvert aux 52.000 jettois ainsi qu’aux travailleurs de la commune : en attirer 1 % sur le site serait fabuleux.

Soyez donc ce 1 % et inscrivez-vous sur www.donneriejette.be !

Vous n’êtes pas de la commune ? Qu’à cela ne tienne : remuez ciel et terre pour que ce site soit créé dans votre quartier. Puisque je vous le dis : ce site est à donner !

Une donnerie dans chaque commune :  le chemin est encore long…

Une donnerie virtuelle pour ma commune

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L’effort est un jeu

« Changez vos habitudes pour sauver la planète » est une rengaine mille fois entendue. Mais est-elle motivante ? Pas vraiment. Elle est même cynique : qu’apportent nos gestes face au bulldozer de la machine économique occupée à bâtir une montagne de dégâts environnementaux ?

Pourtant je change mes habitudes. Car je trouve mes motivations ailleurs.

Démonstration…

Balancer les bras

À mon départ en pension (supposé à 67 ans), j’aurais évité le gaspillage de quelque 13.000 serviettes essuie main. Ce bilan s’obtiendra en changeant une habitude, encore perpétuée par mes collègues : aux toilettes, on s’essuie les mains en utilisant sans compter plusieurs serviettes en papier. Trois ou quatre serviettes pour certains, jusqu’à une dizaine pour quelques rares personnes !

Et pourtant, une serviette suffirait. Voire aucune. Car :

  1. En secouant les mains, on évacue la plus grande partie de l’eau.
  2. L’humidité restante est évacuée sur le trajet du retour au bureau. À condition de marcher en balançant bien les bras !

Certes, un tel comportement mouille les poignées de porte. Et nous met dans l’embarras quand on doit serrer la main d’un collègue croisé sur le trajet. Voilà pourquoi j’ai besoin d’une, et une seule, serviette : pour sécher… la main droite !

Si tout le monde se faisait la bise, je n’aurais même pas besoin d’une serviette !

Ce petit effort est une goutte d’eau dans l’océan de serviettes jetées par des centaines de collaborateurs durant une journée. Cela en vaut la peine ?

Oui, car je suis satisfait des trois recharges de serviettes épargnées chaque année sur ma personne. J’en comptabiliserai une cinquantaine à la fin de ma carrière : n’est-ce pas réjouissant ?

Et ce changement d’habitude s’ajoute à d’autres : ne pas laisser couler l’eau en se lavant les mains, mettre l’ordinateur en « veille prolongée » avant une réunion ou la pause de midi, ne pas utiliser des feuilles vierges pour des brouillons, refuser le café s’il est servi en gobelet, etc. Au bout d’une année, toutes ces ressources économisées sont la récompense à tous ces efforts.

D’ailleurs, sont-ce vraiment des efforts ?

Gagner des joules

En fait, non. C’est un jeu.

Tous ces gestes m’amusent. C’est ma manière de faire une douce révolte, d’aller dans le sens contraire de la marche, de bousculer les habitudes héritées des Trente Glorieuses Gaspilleuses.

Je joue à gagner des joules !

Comment en gagner dans le métro ? En n’ouvrant pas la porte de la rame pour moi seul si quelqu’un en ouvre une plus loin !

Comment en gagner dans le quartier du bureau ? En restant à distance des commerces afin de ne pas déclencher l’ouverture des portes automatiques.

Comment en gagner sur mon lieu de travail ? En ne prenant pas l’ascenseur, évidemment !

L’homme qui montait à pieds

Ma motivation première est ma trajectoire descendante dans l’utilisation des ressources.

Mais j’aspire aussi à influencer mon entourage : quand je sors du métro en prenant l’escalier à côté de l’escalator, c’est en espérant que la personne derrière moi comprenne le geste. Et si je pouvais inspirer les employés de ma société, 3000 recharges seraient économisées chaque année !

Certes ce n’est pas suffisant pour sauver le monde. Mais si vous n’êtes pas d’accord avec sa marche, quittez les rangs.

Et prenez donc l’escalier…

Une seule serviette pour essuyer vos mains...

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We are Fairphone

Après 6 mois d’attente, voici enfin mon Fairphone. C’est le moment de faire quelques mises au point sur cet appareil.

Comme Star War VII

Rappelez-vous, il y a quelques mois je vous parlais du Fairphone 2, que je commandais par conviction.

Avec un mois de retard, il est arrivé dans un magnifique emballage blanc, accompagné de cartes postales destinées à défendre la démarche.

Si l’attente fut longue, le plaisir de le recevoir en a été décuplé. Car Fairphone a su faire vibrer notre fibre éco-responsable à coup de newsletters, nous tenant informé de la mise en production. Transparence oblige, la communauté Fairphone a pu ainsi voir des photos de l’appareil durant toute sa conception.

Bref, l’attente fut aussi jouissive que pour Star War VII, c’est dire !

Unboxing Fairphone 2

Achetant tous mes appareils en deuxième main, le déballage n’est plus l’activité excitante que je connaissais encore il y a quelques années. Mais force est de constater qu’avec le FP2 j’ai retrouvé mes sensations, grâce à un packaging original : une sorte de sarcophage New Age serti d’un ruban bleu portant l’inscription en anglais « Ouvrez-le, c’est le vôtre ».

Le Fairphone 2 se découvre tout nu
Le Fairphone 2 se découvre tout nu

Autre surprise : l’appareil se découvre nu. Le capot, dont j’avais choisi la couleur lors de la commande, se découvre de l’autre côté de l’emballage. C’est bien vu : le mettre en place, c’est comprendre son montage. Et avant cela on aura apprécié toutes les indications de démontage des composants, imprimés sur la carte mère.

Oignon 1.0

Alors ça dit quoi, cet appareil ? Cette question m’embête car je ne l’ai pas acheté pour ses performances, et je ne suis pas un spécialiste. Mais j’ai bien senti qu’un peu de technique était nécessaire pour convaincre que le Fairphone 2 n’est pas un appareil préhistorique. D’ailleurs quelques sites aiment le comparer au Samsung Galaxy S5.

Il existe déjà des tests réalisés par des spécialistes comme celui-ci, et la tendance est de lui attribuer entre 3/5 et 4/5, si on s’en tient strictement au rapport qualité/prix. Force est de constater qu’une petite société de moins de 40 personnes ne peut pas concurrencer les grandes marques, même en prenant une marge minimum, comme nous verrons plus loin.

Pour ma part, le FP2 répond à mes attentes : écran agréable, bonne réactivité, robuste, photos correctes.

Bonne implémentation d’Android 5.1. Ou presque.

Car la couche système de Fairphone en est à sa version initiale : Onion 1.0. Et avoir la version 1 d’un software est rarement un bon signe, parole d’informaticien ! Crainte confirmée ici, avec quelques bugs comme l’écran qui vibre quand on le met en luminosité automatique, le défilement qui a des ratés dans certaines applis, la LED de notification qui aime trop le rouge, etc. Mais Fairphone récolte les données de ses utilisateurs et nous prépare une mise à jour.

Finalement, c’est l’aspect massif de l’appareil qui rebutera certains : plutôt brut de décoffrage et épais. Mais rappelons que toutes les pièces sont interchangeables : on peut difficilement demander à un tel appareil d’être extra-fin et design, tout en proposant un démontage facile.

Le juste prix

Avoir un Fairphone, c’est en être l’ambassadeur. J’ai donc affiché au bureau une des cartes postales reçues avec l’appareil, affichant un « I’m a proud owner of Fairphone » . Les réactions sont diverses et attendues. En voici quelques-unes.

Un Fairph'owner ne se cache pas
Un Fairph’owner ne se cache pas

Qu’est-ce qui prouve que Fairphone répond à tous ses engagements concernant la fabrication ?

La fabrication « éthique » est le fondement de Fairphone, contrairement à une marque déjà établie qui déciderait d’entamer une démarche responsable pour « verdir » son image.

Elle a été récompensée durant la COP21, alors autant vous dire qu’elle est sous le feu des projecteurs de nombreux journalistes et organismes.

Prendre en défaut la petite firme hollandaise signerait la fin de leur entreprise.

Plus de 500 euros, c’est plus que ce que je suis prêt à donner pour un smartphone

Oui c’est cher, mais c’est pourtant le juste prix pour ce smartphone. Moins cher paraîtrait même suspect : une petite société tablant sur une production de 140.000 exemplaires par an ne peut pas s’aligner sur des constructeurs produisant à quelques millions d’exemplaires, ayant moins d’exigences « durables » qui plus est.

Cela paraît évident, et pourtant les réflexions du genre « mais pourquoi c’est si cher ? » ne manquent pas dans les réseaux sociaux.

Si vous pouvez vous payer un smartphone à moindre prix, remerciez la mondialisation et les lois du marché.

Il est quand même fabriqué en Chine : où est l’éthique ?

Fabriquer un smartphone ailleurs qu’en Chine semble être un défis hors de portée des fabricants, même des plus grands. Donc oui, le FP est fabriqué en Chine. Mais dans une usine respectueuse des droits des travailleurs, en partenariat avec une société d’évaluation sociale.

Pour donner un ordre de grandeur, sachez que dans les 340 € de son coût de fabrication, 37,20 € est consacré à l’usine chinoise Hi-P, dont 9,80 € pour la main d’œuvre. Alors qu’Apple paie la sienne à 3 € par iPhone !

Fairph’owner et fier de l’être

Vous l’aurez compris : posséder un Fairphone c’est plus que posséder un smartphone. C’est faire partie d’une communauté, c’est être fier d’avoir supporté une entreprise qui montre une autre voie économique.

Et j’espère que d’autre firmes suivront cette route.

En attendant, le défis sera de garder mon FP2 le plus longtemps possible, sans quoi ma démarche sera peu durable.

Sachez que la production du Fairphone 2 est maintenant sur des rails, et que vous pouvez le commander pour le recevoir dans un délai raisonnable.

#WeAreFairphone !

Dans les bureaux de Fairphone à Amsterdam
Dans les bureaux de Fairphone à Amsterdam

Le Fairphone...

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