Ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut presque jamais les croire

Un député combatif

Alors que nous traversons une période où il n’y a pas un jour sans que la « dette » apparaisse dans l’actualité, voici un petit livre qui vient à point. Nous le devons à un auteur bien placé pour parler de ce que disent les banques, et pourquoi il faut faire la part des choses : Pascal Canfin, député européen, membre des commissions Affaires économiques et monétaires.

Pour notre député, la politique doit reprendre la main sur la finance : c’est son combat, sa vocation… sa croisade ! Car en plus de proposer des lois pour changer le système, il a initié la création de Finance Watch, ONG ayant pour but de donner un contre-pouvoir aux opérateurs financiers. Enfin, avec ce petit livre, monsieur Canfin s’adresse au grand public : on aimerait voir plus de députés européens aussi combatifs !

Le petit livre qu’il faut croire

Dans L’industrie du mensonge je vous parlais du lobbying : ici on est au cœur de la tourmente ! Car notre député, avec ses propositions de loi, subit la campagne de désinformation de la part du monde financier, celui-ci brandissant la menace sur l’économie et de la délocalisation si on change les règles. Or, ces menaces, ces arguments, ces analyses ne tiennent pas la route : monsieur Canfin, entouré des spécialistes qui se sont ralliés à sa cause (parfois repentis de la haute finance), démystifie toutes ces informations… toxiques !

D’abord, il donne sa réponse aux bonnes paroles du monde financier, français en particulier (« La crise financière, c’est pas nous », « Les banques françaises ne spéculent pas sur les dettes des États », « Les banques françaises n’ont rien coûté aux contribuables », etc).

Suivent la dénonciation de quelques pratiques, comme le trading haute fréquence (acheter et vendre sur quelques secondes, sous le contrôle de programmes informatiques), et les spéculations sur les CDS (produit servant à s’assurer contre la faillite d’une entreprise ou d’un État).

Ensuite il démonte les arguments opposés à l’idée d’un contrôle de la finance (« Fixer des contraintes trop fortes aux banques pénalise l’économie, et donc l’emploi », « Si vous régulez trop, on partira s’installer ailleurs », « Les marchés financiers et leurs innovations facilitent le financement et l’économie », « Les produits complexes sont utiles à l’économie car ils permettent de limiter les risques », « Une taxe sur les transactions financières est mauvaise pour le fonctionnement des marchés », etc).

Lloyd Blankfein et le livre de Pascal Canfin

Lloyd Blankfein (banque Goldman Sachs) ne veut pas voir le livre de Pascal Canfin

Les 10 travaux, euh, réformes, de Pascal Ranfin

Après toutes ces explications sur un monde peu reluisant (autant dire qu’on a plutôt envie de vider son compte, car c’est bien avec notre argent que les banques jouent !), Pascal Ranfin énumère les 10 réformes qu’il veut mettre en place :

  1. conditionner l’octroi de la licence bancaire et le soutien de la Banque centrale (seules les banques répondant à certaines conditions éthiques auraient une licence) ;
  2. réduire la taille des banques et augmenter leurs fonds propres (séparer la partie banque d’affaire de celle du détail – nos épargnes – et augmenter leur « matelas d’argent » pour les rendre moins vulnérables) ;
  3. donner au régulateur européen le pouvoir d’interdire aux banques de verser dividendes et bonus (pratique maintenue par des banques sous-capitalisées) ;
  4. interdire les produits financiers toxiques ;
  5. soumettre les produits financiers à autorisation préalable de mise sur le marché (halte à toutes ces monstruosités mises sur le marché par la vague de libération de la finance) ;
  6. rompre avec le court-termisme des marchés financiers (ça n’apporte rien à l’économie) ;
  7. lutter contre les paradis fiscaux ;
  8. marginaliser les agences de notation ;
  9. mettre fin aux conflits d’intérêt (trop de politiques ayant un pied dans la haute finance et vice-versa ; les banques clientes des agences de notation ; etc.) ;
  10. taxer les produits indus de la finance (stop au profit maximum et immédiat, une des causes de la crise).

Des États à différentes vitesses

Ce qui m’a étonné, c’est de savoir que chaque État avait ses préférences et ses réticences parmi ces mesures. Ainsi la France et l’Allemagne n’ont pas les mêmes avis !

Autre surprise : les États-Unis vont plus loin que l’Europe en matière de réglementation, puisque le gouvernement d’Obama a mis en place le Dodd–Frank Act, pour atteindre justement l’objectif visé par mr Canfin.

Et que disent les banques là-bas ? Si c’est comme ça on se délocalise… en Europe !

Ben voyons !

« Ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut presque jamais les croire » par Pascal Canfin, éditions Les Petits Matins, 124 pages.

Plus de réglementation et de contrôle sur le monde de la finance...

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Mon gobelet, ma bataille

On ne jette pas ses emballages…

Quand on était petit, on nous apprenait qu’« on ne jette pas ses emballages dans la rue ».

Aujourd’hui, j’aimerais qu’on nous apprenne à « ne pas jeter ses emballages : on les réutilise quand c’est possible ».

J’écrirai certainement un article sur ma vie (mon enfer ?) avec les sacs en plastique, mais une chose à la fois. Ici je m’attaque aux gobelets à café, au bureau… Et pour expliquer toute l’absurdité de nos habitudes, je m’adresse à mon compagnon de blog, ce cher Mobilou, qui trouve que nous avons de drôles de manières…

Un quart d’heure de vie et un siècle d’agonie

Mobilou, je t’explique : le distributeur à café sur les lieux de travail est une machine indispensable à l’homme moderne pour l’accomplissement de son labeur. C’est une institution, un symbole social. L’absence de cette machine déprécie la valeur d’un bureau : il perd son AAA !

Mais ce signe de la modernité va de pair avec des habitudes difficiles à défendre… Car comment t’expliquer que la consommation de 20 cl d’une boisson chaude nécessite le sacrifice d’un objet fabriqué à base de pétrole, utilisé durant 15 minutes, puis jeté comme une peau de banane, à la différence notable qu’il mettra plus d’un siècle à disparaître, et pas forcément sans laisser de traces ?

Cet objet, c’est le gobelet en plastique, délivré avec entrain et sans supplément par cette fabuleuse machine qu’est le distributeur à café. Oui, tu l’as bien compris : un ustensile à la circonférence parfaite et à l’imperméabilité sans défaut, dans une matière résistante, dont la fabrication a demandé des grosses machines et de l’énergie, va avoir une vie plus éphémère qu’un papillon de nuit. Quelle triste vie !

Mobilou dans une mer de gobelets

Mobilou est tombé dans un charnier !

L’Homme, ce prédateur pour les gobelets

Ah Mobilou, je ne sais pas t’expliquer comment on en est venu là. Nous sommes dans l’ère du tout jetable, et le gobelet à café en est l’emblème. Tous les matins je les vois défiler, et je compte les morts : pour ceux d’entre nous consommant plus de 5 cafés par jour, ça fait un millier d’objets inutiles au bout d’un an !

En ont-ils conscience ? (les hommes, pas les gobelets !) Non car, dans notre monde moderne, ce que nous jetons disparaît de notre vue : ça ne termine pas au fond de notre jardin…

Saleté de gobelet vs gobelet sale

« Pourtant, des solutions existent », pour reprendre la formule consacrée : le gobelet qui tombe à chaque commande, ce n’est pas une fatalité ! Car, Mobilou, l’Homme fabrique des machines très intelligentes : c’est ainsi que si notre distributeur détecte un corps étranger, il ne crachera pas son morceau de polymère moulé. Utiliser une tasse ou réutiliser son gobelet, c’est donc possible…

Mais cela n’y change pas grand-chose, car on l’ignore / on veut boire dans du propre / on s’en fout / jeter après usage est dans notre éducation… Je ne vais pas porter d’accusations : il y a quelques années, le sort des gobelets, je m’en foutais !

Mais maintenant toutes ces habitudes m’insupportent. Action !

Tableau de chasse

Mobilou, attaquer de front l’habitude des gens, ça ne marche pas. Et je ne me vois pas placarder des affiches « Réutilisez votre gobelet » dans les couloirs : on a déjà vu des combats plus importants !

Gobelet sur mon bureau

Un gobelet qui a bien servi

J’ai donc trouvé une méthode ludique : à chaque fois que je réutilise mon gobelet, je lui mets un trait au marqueur. À la longue, tout un côté se remplit de dizaines de marques.

Alors quand il est posé sur mon bureau, quand je le transporte dans les couloirs, ou le dépose dans le distributeur, les plus observateurs et les plus curieux m’interrogent sur cet étrange objet tatoué : et voilà la belle occasion de leur faire comprendre que réutiliser son gobelet, on n’en meurt pas (à moins que ?…)

Ce n’est qu’une bataille…

Ceci est une bataille, Mobilou, mais c’est la guerre ! Dans mon bureau, que de gaspillages en matière et en énergie ! Oserais-je en parler un jour ? Je frôle l’incident diplomatique, je me tâte…

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L’avenir de l’eau (ah bon ?)

Voyage au fil de l’or bleu

Erik Orsenna est un écrivain, membre de l’Académie française, qui publie depuis quelques années des « petits précis de mondialisation » : il parcourt la planète pour faire un état des lieux et philosopher sur le coton (« Voyage au pays du coton »), le papier (« Sur la route du papier ») et l’eau : « L’avenir de l’eau », le seul que j’ai lu…

Ce livre se lit comme un récit de voyage, passionnant : dans les livres chroniqués sur ce blog, c’est le seul que je classe dans la catégorie « détente », ce qui signifie que je le lis avant de m’endormir (les autres ouvrages n’ayant pas cette qualité calmante qui me permet de finir ma journée en toute sérénité – sans blague !).

L’eau dans tous ses états, dans tous les Etats

L’auteur commence par un chapitre sur la nature de l’eau : entre philosophie et physique, il décrit le personnage principal de son livre avec finesse et esprit. J’irais jusqu’à dire qu’il… nous met l’eau à la bouche.

Ensuite viennent autant de chapitres que de contrées visitées, introduites par la carte géographique des lieux : l’Australie et sa sécheresse, Singapour cherchant une eau pure pour son industrie, Calcutta et ses eaux insalubres, le Bangladesh inondé, la Chine polluée et ses barrages, Israël dessalant la mer…

Le dernier tiers du livre est consacré à des explications scientifiques, quelques questions africaines, des solutions techniques, un débat sur les concessions publiques et privées, des défis pour le futur, etc. Bref, à toutes sortes du sujets afin que le lecteur puisse refermer ce livre en ayant le sentiment de tout savoir sur l’eau… Est-ce le cas ?

Réticence

J’avais terminé ce livre il y a quelques mois, et en gardais un souvenir enthousiaste : aujourd’hui que je l’ouvre pour le chroniquer, je porte un regard plus sévère. Car dans ce sujet grand comme une forêt, on ne suit que le chemin parcouru par notre homme, qui a surtout rencontré des hauts-placés et des scientifiques enthousiastes, qui lui ont parlé de grands défis et prouesses techniques, dans lesquelles l’industrie française n’est pas étrangère !

Avec le titre que se donne ce livre, je m’attendais surtout aux enjeux économiques de l’eau, en particulier à sa privatisation. Ce sujet y figure bien, mais je trouve Orsenna assez conciliant sur ce point. Certes, son point de vue en vaut un autre, mais quand on connait sa carrière, je ne peux me reposer sur ce livre pour me faire une opinion.

Il y a aussi ses explications scientifiques : un académicien, politicien, économiste, peut-il nous parler de la fonte des glaces, de la photosynthèse, de la génétique, et j’en passe ? Oui, se défend-il en réponse à Thierry Ruf (de l’Institut de recherche pour le développement, celui-ci a adressé une critique très fournie et argumentée à l’auteur), car il s’est entouré de scientifiques. Dont la liste est dans les remerciements. Et il y a beaucoup de noms, parmi lesquels celui de Claude Allègre, scientifique très polémiqué (j’en parlerai bientôt). En fait, voir son nom ne me pose pas vraiment de problème, et ne m’étonne pas : mais il me confirme bien que ce livre n’apporte qu’une certaine vision.

Mobilou et l'Avenir de l'eau

Mobilou aimerait changer le titre de ce livre

Ne boudons pas notre plaisir

Alors, finalement, faut-il lire ce livre ? Eh bien je serais malhonnête de dire non, car c’est un récit de voyage, agréable, rempli d’anecdotes, et très instructif (je me répète : mais quasiment tous les lecteurs saluent ces qualités). Mais ce qu’il couvre n’est qu’une coupe transversale de la problématique, et je n’ai donc qu’un reproche à lui faire : celui d’avoir choisi un titre aussi péremptoire et prétentieux que « L’avenir de l’eau » !

 

« L’avenir de l’eau », par Erik Orsenna, 413 pages, éditions Fayard.

Il nous suffit d'ouvrir un robinet pour avoir de l'eau. Avez-vous conscience de notre chance ?

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Spéculer veut dire espérer

« La spéculation, c’est une action naturelle de la vie humaine (…), spéculer ça veut dire espérer… »

Olivier Combastet sur un terrain à cultiver

Olivier Combastet sur un terrain qui va bientôt souffrir... pour le bien de l'humanité.

Voilà ce que disait Olivier Combastet dans « Planète à vendre », reportage passé en avril 2011 sur ARTE.

Jusqu’à l’interview de cet homme avec qui j’ai peu d’affinité (le mot est faible !), je rongeais déjà mon frein sur tout ce que j’apprenais dans ce documentaire concernant la mainmise des pays riches sur les terres cultivables du Tiers-Monde.

Quand arriva l’interview du PDG de Campos Orientales, spécialisé dans le rachat des terres agricoles en Amérique du sud (en vue de les exploiter façon high-tech : OGM et compagnie), j’ai avalé mon biscuit Oxfam de travers !

Voilà donc un digne représentant de la race des spéculateurs : merci ARTE d’en avoir sorti un de l’ombre. L’occasion est trop belle pour dire ce que je pense, des spéculateurs !

Zou, j’ouvre mon dictionnaire, trouve 3 définitions, développe, rétorque et m’emporte…

Spéculer : « faire des spéculations financières ou commerciales »

Voilà donc ce que nous aurions dans nos gènes ? Je spécule, mon voisin spécule, vous spéculez… Puisqu’on vous le dit, c’est humain. A moins qu’il s’agisse de la prochaine évolution de l’homme ? Un être qui spécule pour donner sens à sa vie, et qui, supposition malhonnête de ma part, n’aura plus d’empathie, pas de vision à long terme, et se tatouera sur le derrière « Après moi, le déluge » !

Faites attention, regardez bien : cet homme du futur est déjà parmi nous. C’est le « Next (dé)Generation » , qui ne trouvera son bonheur que dans l’argent : « Spéculer c’est espérer » , je ne l’invente pas. Ce sera écrit sur le socle du monument aux traders anonymes, grâce à qui quelques représentants de la race humaine auront pu amasser l’argent nécessaire  pour quitter notre trognon de terre…

Spéculer : « compter sur quelque chose pour atteindre son objectif »

Je me révolte, je m’insurge : non, Monsieur, ne m’attribuez pas un naturel à la spéculation, mot que j’exècre car c’est une invention pour s’enrichir sans créer de richesses !

Ne me donnez pas comme objectif de « rentabiliser mes capitaux », et sachez que c’est parce que la majorité d’entre nous n’a pas ce but que vous pouvez vous y appliquer. Ne nous remerciez pas, c’est tout naturel !

Spéculer : « méditer, réfléchir profondément »

« Spéculer » sur notre avenir à tous, « spéculer » sur notre société ? Cette troisième définition m’y autorise mais je ne m’y reconnais pas. Ce verbe est maintenant avarié et me donne un sale goût en bouche.

Conclusion

Que monsieur Combastet veuille m’excuser de cette tarte à la crème envoyé du « monde d’en bas » : ce n’est pas lui que je visais, mais tout ceux qu’il représente, bien entendu. Ma pensée s’ajoute au vent de protestation qui s’élève, et en attendant de pouvoir changer les choses, diable, que ça m’a fait du bien !

Mobilou tient une carte d'ING

Mobilou se demande si ma banque spécule avec mon argent ?

La spéculation est un des maux de notre société

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Freakonomics

Économie saugrenue

Voici un ouvrage écrit par le journaliste Stephen Dubner en collaboration avec un économiste original : Steven Levitt. Celui-ci applique les théories de sa discipline à des domaines non économiques, pour analyser des faits de société. Le journaliste, trouvant ces démarches dignes d’intérêt, lui a proposé d’en faire un livre : c’est « Freakonomics » , vendus à 4 millions d’exemplaires…

Mais en quoi ça consiste au juste ?

De sujets légers au plus grave

En n’étudiant que les chiffres (des statistiques), notre économiste inventif donne des réponses à des questions diverses comme : le Ku Klux Klan a-t-il fait autant d’actes violents qu’on lui attribue ? (non) ; les enseignants trichent-ils avec les résultats d’examen ? (oui – aux Etats-Unis, les écoles les plus efficaces sont récompensées et celles à la traîne sont sanctionnées) ; les dealers gagnent-ils vraiment beaucoup d’argent ? (non) ; les sumos trichent-ils ? (oui !)…

Freakonomics c'est maintenant un film

Des sujets légers et ludiques, sauf pour cette question-ci, qui a mis notre économiste sur le devant de la scène : mais où sont passés les criminels ?

L’Amérique n’a pas plongé dans un bain de sang comme prévu

Jusqu’à la fin des années 80, aux Etats-Unis, la criminalité n’a cessé d’augmenter, à tel point que beaucoup voyaient dans l’avenir du pays une situation proche de Mad Max ou New York 1999 ! Et puis, au début des années 1990, « la décrue s’est amorcée de façon si rapide et massive que tout le monde a été pris de court. » (p. 176). Non seulement les experts n’avaient pas vu venir ce virage à 180°, mais en plus se sont lancés dans de nouvelles explications : nouvelles méthodes policières, durcissement des peines de prison, bonne santé économique, etc. Pour Levitt, aucun de ces motifs ne pouvaient expliquer une baisse aussi spectaculaire de la criminalité, même en les combinant toutes (l’auteur consacre plusieurs dizaines de pages à les démonter).

L’explication est à chercher ailleurs, et ça ne va pas faire plaisir à tout le monde…

Un troc qui peut choquer

Cette baisse de la criminalité s’est étendue progressivement : d’abord dans un État, puis un autre, puis plusieurs, puis dans l’ensemble du territoire. En remontant dans le temps, Levitt constate que ce développement géographique coïncide avec… la légalisation de l’avortement ! Chaque État l’ayant appliqué, a rencontré cet effet inattendu une génération plus tard, au moment où les « enfants non nés » auraient atteint l’adolescence. La légalisation ayant rendu cette opération accessible aux femmes les moins favorisées, ce sont elles qui en ont le plus profité. A l’époque, une étude indiquait que ces enfants non nés auraient eu 50 % de plus que la moyenne de connaître la pauvreté, et 60 % de plus que la moyenne de grandir dans une famille monoparentale : ces deux facteurs « comptent parmi les plus forts indicateurs d’une délinquance future » (p. 206). L’auteur résume : « La légalisation de l’avortement a permis qu’il y ai moins d’enfants non désirés (ne pas être désiré peut conduire au crime), par conséquent, la légalisation de l’avortement a entraîné une diminution de la criminalité. » (p. 207).

Voilà qui apporte de l’eau au moulin des « pro avortement ». Mais ce serait malhonnête de ma part d’arrêter cet article sur ce fait troublant, sans mentionner un autre chiffre : environ 1.500.000 avortements sont faits chaque année aux Etats-Unis. Les « anti IVG » pourront donc dire que c’est autant de meurtres en échange de cette diminution de victimes de la criminalité : un troc inacceptable.

Hitler contre Mozart

Voilà que ce drôle de livre m’a entraîné dans les sables mouvants d’un débat de société qui déchaîne les passions. Et je ne vais pas m’en extraire sans y laisser ma trace…

Car s’inquiéter pour l’avenir de la planète conduit à une conscience écologique qui n’est pas compatible avec l’idée d’avoir une croissance démographique continue. Ce qui m’oppose à l’idée de donner la vie dans n’importe quelle condition. Si les antis IVG aiment à dire que ce sont des « Mozart qui ne verront jamais le jour », je rejoins ceux qui disent « Ce sont des Hitler qui ne verront jamais le jour ».

Malgré tout, dans cette bataille d’opinion, d’éthique est de religion, c’est la réflexion d’un ami (il se reconnaîtra) qui m’inspire cette conclusion : pour ou contre l’avortement, il n’y a que la femme qui peut en décider. Et il est important qu’elle puisse la prendre sans être influencée (ni menacée !), « en son âme et conscience » : que ce soit dans un sens… comme dans l’autre…

Paul lit Freakonomics

Freakonomics porte un regard décalé sur notre société...

« Freakonomics » par Steven D. Levitt et Stephen J. Dubner, Folio, 336 pages.

Ne pas donner vie à un enfant non désiré, un mieux pour la société ?

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La course des motos vertes

Sundance Channel est une chaîne TV plutôt mystérieuse quant à sa programmation. Elle est offerte par mon télédistributeur : quand je zappe dessus, je tombe le plus souvent sur un film avec des jeunes se posant des questions existentielles… Jusqu’à l’autre jour où débarque un documentaire avec des motos high-tech : celles de Tron ? ; celle de Batman ? Non, mais bien les motos de notre futur…

En 2009, le Tourist Trophy de l’île de Man, une course moto consistant à faire le tour de l’île de Man, créait une nouvelle compétition : le The Zero Carbon, Clean Emission Grand Prix. Elle concernait les motos électriques. Afin de ne pas les mettre en compétition avec les motos de course classiques, l’organisateur les faisait concourir quelques jours avant, avec un règlement adapté… disons plus « large ».

Bande annonce de « Charge »

Le film sur lequel j’étais tombé, probablement « Charge » ,  suit les équipes de par le monde, préparant leur bolide en vue de cet événement qui fera date dans l’histoire de la course moto. En Inde, en Allemagne, aux Etats-Unis, nous assistons à la mise au point d’engins où tout est à repenser, car les règles mécaniques traditionnelles n’ont plus cours. On met aux point des batteries surpuissantes (gare aux décharges !), on hésite entre un, deux ou trois moteurs (souvent des moteurs Agni, inventés par Cedric Lynch, grand savant un peu fou que l’on voit dans le film), et on se demande même s’il ne faudrait pas mettre un changement de vitesse pour ne pas déstabiliser le pilote. Bref, on réinvente tout, et les moments de désespoir ne manquent pas.

A l’approche de l’événement, la caméra fait le tour du public et des professionnels pour avoir leur avis sur l’arrivée des motos électriques dans cette course prestigieuse. Ça ricane, ça se moque : nous sommes dans un milieu qui ne jure que par le rugissement des moteurs et l’odeur d’essence, et une technologie propre et silencieuse n’y a pas sa place. On s’attend à voir passer des motos bricolées avançant aussi vite que des mobylettes : n’a-t-on pas monté à 50 minutes le temps de qualification alors que les pros font le tour en moins de 18 minutes ? Ah ça non, elles n’arriveront jamais à concurrencer le moteur à explosion – et puis à quoi ça sert ? Il faut quand même brûler de l’énergie pour avoir de l’électricité…

Mais quand ces motos débarquent sur le bitume, on s’étrangle avec son hamburger et les lunettes de soleil tombent du nez : on n’est pas dans le bricolage, le futur est bien là – et c’est d’autant plus impressionnant qu’il arrive avec des équipes et des constructeurs inconnus.

Mark Miller sur une moto CZYSZ

Une Honda ? Une Suzuki ? Non, une CZYSZ !

Et puisqu’on n’est pas dans l’amateurisme, des pilotes habitués au circuit sont sollicités pour monter ces nouveaux bolides. Après quelques explications (n’accélérez pas trop vite, ne maintenez pas le maximum pendant longtemps, ayez la jauge d’énergie à l’œil…), les voilà partant dans un sifflement de turbine… pour revenir enchanté ! Certes, on n’atteint pas encore les grandes vitesses (140 km/h de moyenne, quand-même !), mais les pilotes ont la sensation de glisser sur la route… et n’ont jamais vu autant d’animaux sur le parcours : ces derniers n’entendent pas arriver les motos, tout simplement ! Il y en a même un (de pilote, pas d’animal – quoique !) pour dire que c’est le plus beau jour de sa vie !

Bien-sûr, il y aussi des frustrations et beaucoup ne terminent pas le tour : batterie à plat ou moteur brûlé, on voit alors les pilotes pousser leur moto jusqu’à la prochaine descente, espérant relancer leur monture avec laquelle ils ont déjà un lien d’affection.

Ah les amis, j’ai suivi ce film avec passion et émotion. Après cela je vois nos motos (et voitures) comme les futures générations les verront : des machines fumantes, bruyantes et inefficaces. Car une autre information est apparue durant ce film, moment clé de cet article : le rendement d’un moteur à explosion (pour une moto de course) est de maximum 35 %. Avec le moteur électrique… on est à 90 % ! Et en plus, on récupère l’énergie du freinage.

Tout cela se passait en 2009. Aujourd’hui il y a un championnat pour les motos zéro carbone, le TTXGP, et d’aucuns disent qu’en 2014, elles iront aussi vite que les classiques.

Le futur est à notre porte : ce ne sont pas encore les voitures volantes, mais si je pouvais assister à l’abandon du pétrole comme énergie de transport, je serai déjà très content…

(Les photos utilisées dans cet article proviennent de cette galerie de Motorcycle-usa.com)

Le moteur électrique pour nos transports...

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L’industrie du mensonge

Associations bidon

Science  and Environmental Policy Project, Global Climate Science Communication Team, Wise Use, Conseil pour la science et les technologies agronomiques, Keep American Beautiful, Institut pour la santé des animaux : voilà quelques exemples de vénérables institutions ou campagnes d’information qui ne lésinent pas sur les moyens pour nous donner de sages conseils et remettre les pendules à l’heure…

« Vénérables », ai-je écrit ?

En fait non : en coulisse de ces messes de la bonne parole nous trouvons les sociétés les plus polluantes et les moins éthiques de la planète, ou à défaut les plus polémiques. Cigarettiers, industries agro-alimentaires et d’OGM, industries du pétrole, du nucléaire, de la chimie, pharmaceutiques : ils ont tous intérêt à contredire des études qui leur portent ombrage, à discréditer les écrits de journalistes indiscrets, à infiltrer les mouvements contestataires, à changer l’opinion publique, à mettre la pression sur les législateurs.

Une guerre à armes inégales

Toutes ces pratiques, appelées « lobbying », font l’objet du livre « L’industrie du mensonge (relations publiques, lobbying et démocratie) », écrit par John Stauber et Sheldon Rampton. Si le livre date de 1995 et ne porte que sur les pratiques en Amérique, sa réédition française (2012) a le grand mérite d’être complétée, en fin de chaque chapitre, par des notes et des remarques actualisant les propos, ou donnant des faits sur le territoire français.

Le lobbying est une pratique qui m’a toujours dérangé : d’aucuns disent qu’il fait partie du jeu démocratique, et que les associations ou mouvements de contestation, dans n’importe quel domaine, en usent aussi.

Mais à la lecture de cette enquête, on prend vite la mesure de l’argent que les industries toutes-puissantes dépensent pour imposer leurs idées. Par rapport aux moyens de leurs adversaires, c’est David contre Goliath : aucun équilibre dans cette guerre de l’information et d’influence.

Plus de CO2 aide l’écosystème !… (traduction)

Journalistes sous pression

C’est d’autant plus vrai que le métier le plus emblématique d’une vraie démocratie, à savoir celui de journaliste, est de plus en plus sous le contrôle de multinationales achetant la presse, les éditions et les télévisions. « Ils sont beaucoup plus étroitement surveillés que le public qu’ils sont censés informer… » (p. 313). A côté de cette pression sur les journalistes, nous avons des pratiques douteuses comme celles de donner aux télévisions des reportages préfabriqués (p. 311)  : des « packages » faits par des sociétés de production dont il vaut mieux ne pas connaître le financement. Ces packages contiennent une émission complète, montée, avec un dossier indiquant le journaliste de studio peut intervenir ainsi que des suggestions sur quoi dire. Ils contiennent aussi les images brutes que la télévision peut monter à sa guise : ça c’est pour les grandes, celles qui veulent faire croire qu’elles font encore du journalisme d’investigation.

Votons contre l’assurance santé

Avant cette lecture, je m’imaginais le lobbying comme des personnes en costume, bien propres sur eux, harcelant les parlementaires dans les couloirs de nos institutions…

Mobilou lit en toute liberté

Mobilou se forge une opinion en lisant un livre influençable...

En fait c’est un peu comme cela en Europe. Mais aux États-Unis le lobbying est devenu une science pour changer l’opinion publique, pour que celle-ci fasse pression sur le législateur. Ainsi cet exemple où à son époque, Bill Clinton voulait réformer le système de la santé (p. 291). Il avait de grandes chances de réussite : son parti, quelques républicains, et l’opinion publique y étaient favorables. C’est alors que les sociétés d’assurances et pharmaceutiques ont lancé une campagne d’informations (dont notamment la vidéo « Harry and Louise » dont l’argument était… que ça entraînerait des tracasseries administratives !). Un système diabolique (p. 296) consistait à inviter les gens à téléphoner à un numéro vert (affiché après une publicité contre la réforme, évidemment) : ils étaient accueillis par un télévendeur qui, après quelques mots, les transférait au représentant local du congrès… Celui-ci recevait alors l’appel d’un citoyen en colère, sans connaître tout le cheminement ! Et c’est ainsi que les Américains en sont venus à dire : non, nous ne voulons pas de cette réforme de l’assurance santé.

L’arnaque de l’information

Ah cette « industrie du mensonge », c’est un sujet vaste, et je le traverse en zigzag sans savoir où donner de la tête : espionnage, introduction d’agents perturbateurs dans les ONG, faux témoignages, paroles d’experts inexistants, opinions d’associations bidons, faux rapports, campagnes de dénigrement, faux représentants…

Quant aux instigateurs, ne croyez pas qu’il ne s’agit que de grosses industries : ce sont aussi des dictateurs voulant se donner une bonne image en dehors de leurs frontières, des gouvernements voulant justifier une offensive militaire, des partis politiques voulant contrecarrer des projets de loi…

Quand je suis arrivé à la fin du livre, je me suis dit « certes, mais maintenant nous avons Internet, et donc accès à toute l’information que nous voulons pour nous faire une opinion ». C’était sans compter le dernier chapitre annexé à l’édition française, qui nous explique que la fausse information est introduite en masse, par les mêmes acteurs, et que par toutes les ficelles du référencement, celle-ci arrive en tête dans les moteurs de recherche !

Pauvre démocratie

J’ai refermé ce livre en me disant que, décidément, on ne mesure pas les moyens déployés pour forger nos idées. Certes, tout cela se passe principalement dans le pays le plus libéral de notre planète, mais celui-ci est souvent pris pour modèle et nous montre ce qu’il pourrait nous arriver. On est pour ou on est contre les principes de ce pays, mais je termine par un dernier fait qui justifie ma place dans le deuxième camp : près de la moitié des membres du Congrès, sénateurs et représentants sont millionnaires (p. 267). Ont-ils les mêmes intérêts que la population ? Permettez-moi d’en douter, et de conclure comme les auteurs qu’un autre pouvoir se substitue à la démocratie…

« L’industrie du mensonge » (John Stauber & Sheldon Rampton), Elements (Agone), 408 pages.

Le lobbying...

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Ma banque, j’en suis fier

Ma banque, elle a traversé les crises sans dommage.

Ma banque, elle investit mon argent dans des projets durables et bénéfiques pour la société. Elle ne cherche pas des plans business au profit maximum : elle cherche la construction d’une meilleure société.

Paul interviewé par Triodos

Paul se fait interviewé par Triodos. Oui, il en est fier!

Ma banque n’utilise que son capital pour prêter : elle ne spécule pas, n’emprunte pas à d’autres banques, n’achète pas de produits toxiques, ne dépend pas de la Banque centrale.

Ma banque n’est pas côté en bourse. Mais elle a un taux de croissance de 20 % par an. Elle est active en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne.

Ma banque, elle n’accepte pas d’ouvrir un compte pour de l’argent à l’origine douteuse.

Ma banque ne paie pas ses dirigeants à des prix indécents. Mais ils restent par conviction. Et elle attire les employés de ses concurrents.

Ma banque joue la transparence : tous les projets financés sont visibles sur une carte d’Europe. En plus d’une revue qui m’est envoyée chaque trimestre.

Ma banque, c’est Triodos.

Comme chaque année, elle a invité ses épargnants à une réunion d’informations, où elle a exposé ses projets et répondu à nos questions. Ensuite, nous avons partagé un buffet bio avec les employés – qui nous donnaient l’impression d’être une grande famille. Puis les plus enthousiastes ont pu se faire interviewer, afin de renouveler le petit film de témoignages visible sur leur site.

Avec Triodos, mon argent sert enfin les valeurs que je défends, et je n’ai pas manqué de le dire devant la caméra.

Je vous expliquerai bientôt comment cela fonctionne… Si d’ici là vous ne vous êtes pas déjà renseignés…

La banque Triodos...

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Homo Disparitus

Paul lit "Homo Disparitus" dans le train

Paul lit "Homo Disparitus" dans un train... vide

« Admettons que le pire soit arrivé et voyons ce qui reste » : le « pire », c’est la disparition de l’homme, du jour au lendemain, genre tout le monde a été enlevé par des extra-terrestres (oui, encore eux !). Voilà le postulat de départ du livre d’Alan Weisman : un événement hautement improbable (dans le sens : disparition instantanée de l’homme uniquement), mais instructif sur ce que nous laissons en héritage à la terre…

Pour l’écrire, Weisman a rencontré des scientifiques de tous bords, des gens de terrain, et visité des lieux témoins de notre passé, ou inquiétants pour l’avenir : son analyse dépasse l’imagination et ne se résume pas à l’image d’une ville en décrépitude, symbolisée par Tchernobyl.

Car le plus inquiétant, ce sont toutes ces machineries mises en place pour maintenir notre monde artificiel sous contrôle.

Que les installations de pompage de New York tombent en panne, et c’est 50 millions de litres d’eau qui se déversent par jour dans le métro : en 20 ans, les rues s’affaissent et les rivières se forment entre les buildings. Voilà un exemple de scénario décrit par l’auteur, imaginé avec les acteurs de terrain. Mais cela n’est rien : la nature s’en accommodera.

Par contre, les espèces vivantes n’apprécieront pas les raffineries de pétrole ! Une machine qui se grippe, un ordinateur qui tombe en panne, et elles ont toutes les chances de flamber… jusqu’à épuisement des réserves.

En plus de notre pétrole flamboyant, s’ajouteront nos centrales nucléaires qui fondront ou exploseront, emportant haut la main la course à la toxicité, devant nos plastiques se désagrégeant en particules de plus en plus petites – histoire que toute la chaîne alimentaire en profite !

A part cela, la nature reprendrait ses droits et « digérerait » la plupart de nos traces. Un nouvel ordre animal et végétal se mettrait en place, et les dernières victimes seraient nos animaux domestiques, inadaptés et subissant de plein fouet la sélection naturelle.

Et dans quelques millénaires, les seules créations qui resteraient de l’homme seraient ses sculptures de bronze… et ses briques de verres radioactifs.

L'aube de l'humanité (© 2001, l'Odyssée de l'Espace)

Dans un futur très lointain nos briques vitrifiées remonteront à la surface et donneront l'intelligence aux primates d'un coup de baguette... radioactive!

Entre fiction et travail journalistique, le livre de Weisman se lit avec plaisir. C’est un voyage dans le futur mais aussi dans le passé, avec l’histoire de l’homme et de la faune mondiale. C’est aussi une masse de rencontres, la visite de lieux abandonnés comme Varosha à Chypre, d’endroits insolites comme la zone démilitarisée coréenne, d’installations gigantesques comme la raffinerie de Texas City.

C’est, hélas, aussi un constat peu reluisant de notre impact planétaire… Dans nos hauts faits d’arme, on notera le massacre des pigeons migrateurs, probablement l’oiseau le plus répandu sur terre. Le dernier représentant mourut dans un zoo en 1914…

… La symbolique est forte, et je vous laisse y réfléchir.

« Homo Disparitus » de Alain Weisman, éditions J’ai Lu, 398 pages.

L'auteur insiste sur la faune décimée depuis que l'homme a su fabriquer des armes

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Bruxelles, ville durable

Tour de l'expo "Bruxelles ville durable"

Tour de l'expo "Bruxelles ville durable"

Retour quelques mois en arrière : c’était le 27 septembre 2011, je me retrouvais avec un casque de chantier, à quelque 25 mètres de hauteur, en face de l’église Sainte Gudule.

Ma ville organisait alors une exposition « Bruxelles, ville durable » de manière originale : une tour d’échafaudages de 5 étages, exposant maquettes, projections vidéos et panneaux explicatifs sur les ambitions de notre ville, ainsi que les actions déjà réalisées.

Pour la petite histoire, j’ai été contacté quelques mois plus tôt par les organisateurs qui cherchaient un photographe spécialisé dans la 3D : ils m’avaient trouvé grâce à mon site www.lookinstereo.com. Hélas, n’étant pas photographe professionnel et ne pouvant donc pas facturer mes services (enfin, c’est la raison que j’imagine !), notre collaboration n’a pu se faire.

C’est donc le cœur un peu serré que je visitais cette installation originale, où le port du casque était obligatoire, à juste titre car ma tête cogna plus d’une fois certains tuyaux placés un peu trop bas !

J’ai été étonné par les ambitions de notre capitale : devenir dans les années à venir un modèle de développement durable, réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2025 (20 % d’ici 2020). Projets collectifs de quartier, gestion écologique des espaces verts, consommation durable, soutien des entreprises éco-dynamiques, mobilité alternative à la voiture, réduction des nuisances, efficacité énergétique des bâtiments : voilà les différents plans d’attaque.

Parmi les mesures radicales, celle-ci m’a impressionné : «  En 2015, le standard passif sera obligatoire pour toute construction neuve.  »

Voilà un virage à 180° par rapport à l’histoire de notre ville… Deux ans plus tôt, j’étais à une réunion sur les pertes énergétiques des bâtiments : j’y appris qu’il fut une époque pas si lointaine où nous construisions à tour de bras des bâtiments dont la norme d’isolement était juste acceptable… pour les pays du sud ! Ces constructions sont encore nombreuses aujourd’hui : voilà certainement une grosse épine que d’autres villes d’Europe n’ont pas !

Retour à ce jour ensoleillé, avec ces belles images montrant les projets de quartier, nos espaces verts, nos bâtiments réhabilités : j’étais euphorique, n’ayons pas peur des mots ! Etais-je victime d’une campagne de lobbying, d’un piège à touristes ? L’avenir nous le dira, et en attendant, j’ai adoré l’initiative…

Paul à l'expo Bruxelles ville durable

Paul au pied d'un arbre en haut d'une tour en face de l'église Sainte Gudule au centre de Bruxelles, etc.

Vous trouverez ici la brochure de l’exposition, tandis que le site www.villedurable.be expose les objectifs avec beaucoup de dynamisme.

Bruxelles se donne du mal pour exposer ses projets de ville durable...

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