L’effort est un jeu

« Changez vos habitudes pour sauver la planète » est une rengaine mille fois entendue. Mais est-elle motivante ? Pas vraiment. Elle est même cynique : qu’apportent nos gestes face au bulldozer de la machine économique occupée à bâtir une montagne de dégâts environnementaux ?

Pourtant je change mes habitudes. Car je trouve mes motivations ailleurs.

Démonstration…

Balancer les bras

À mon départ en pension (supposé à 67 ans), j’aurais évité le gaspillage de quelque 13.000 serviettes essuie main. Ce bilan s’obtiendra en changeant une habitude, encore perpétuée par mes collègues : aux toilettes, on s’essuie les mains en utilisant sans compter plusieurs serviettes en papier. Trois ou quatre serviettes pour certains, jusqu’à une dizaine pour quelques rares personnes !

Et pourtant, une serviette suffirait. Voire aucune. Car :

  1. En secouant les mains, on évacue la plus grande partie de l’eau.
  2. L’humidité restante est évacuée sur le trajet du retour au bureau. À condition de marcher en balançant bien les bras !

Certes, un tel comportement mouille les poignées de porte. Et nous met dans l’embarras quand on doit serrer la main d’un collègue croisé sur le trajet. Voilà pourquoi j’ai besoin d’une, et une seule, serviette : pour sécher… la main droite !

Si tout le monde se faisait la bise, je n’aurais même pas besoin d’une serviette !

Ce petit effort est une goutte d’eau dans l’océan de serviettes jetées par des centaines de collaborateurs durant une journée. Cela en vaut la peine ?

Oui, car je suis satisfait des trois recharges de serviettes épargnées chaque année sur ma personne. J’en comptabiliserai une cinquantaine à la fin de ma carrière : n’est-ce pas réjouissant ?

Et ce changement d’habitude s’ajoute à d’autres : ne pas laisser couler l’eau en se lavant les mains, mettre l’ordinateur en « veille prolongée » avant une réunion ou la pause de midi, ne pas utiliser des feuilles vierges pour des brouillons, refuser le café s’il est servi en gobelet, etc. Au bout d’une année, toutes ces ressources économisées sont la récompense à tous ces efforts.

D’ailleurs, sont-ce vraiment des efforts ?

Gagner des joules

En fait, non. C’est un jeu.

Tous ces gestes m’amusent. C’est ma manière de faire une douce révolte, d’aller dans le sens contraire de la marche, de bousculer les habitudes héritées des Trente Glorieuses Gaspilleuses.

Je joue à gagner des joules !

Comment en gagner dans le métro ? En n’ouvrant pas la porte de la rame pour moi seul si quelqu’un en ouvre une plus loin !

Comment en gagner dans le quartier du bureau ? En restant à distance des commerces afin de ne pas déclencher l’ouverture des portes automatiques.

Comment en gagner sur mon lieu de travail ? En ne prenant pas l’ascenseur, évidemment !

L’homme qui montait à pieds

Ma motivation première est ma trajectoire descendante dans l’utilisation des ressources.

Mais j’aspire aussi à influencer mon entourage : quand je sors du métro en prenant l’escalier à côté de l’escalator, c’est en espérant que la personne derrière moi comprenne le geste. Et si je pouvais inspirer les employés de ma société, 3000 recharges seraient économisées chaque année !

Certes ce n’est pas suffisant pour sauver le monde. Mais si vous n’êtes pas d’accord avec sa marche, quittez les rangs.

Et prenez donc l’escalier…

Une seule serviette pour essuyer vos mains...

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2 réflexions au sujet de « L’effort est un jeu »

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