Quand marcher n’est plus écologique

Soyez un piéton responsable : n’arrêtez pas un véhicule de plusieurs tonnes pour traverser la rue.

C’est l’histoire d’un piéton

« Connard ! » s’écria-t-il à l’adresse du chauffeur de tram. Celui-ci avait osé faire sonner son avertisseur, après un freinage sec devant ce piéton imprudent et malpoli.

« Connard toi-même ! », ai-je répondu dans ma tête à ce cornichon qui se croyait prioritaire à un tram.

Ne prenant le volant qu’une fois tous les quinze jours, je suis piéton avant tout. Et je marche beaucoup. J’observe mes compagnons de rue et ils m’irritent !

Érigé au statut de créature faible de nos routes, qu’il faut protéger à tout prix des véhicules prédateurs, le piéton est devenu arrogant, imprudent, et bête. Qu’il transgresse le code de la route ou le code de la bonne conduite, il est toujours la victime.

Alors, il traverse les passages sans regarder à gauche ou à droite, car tout le monde freinera pour lui, et tant pis si c’est un bus ou un tram.

200 piles AA pour vous laisser passer

Un tram 4000, c’est plus de 50 tonnes. Sa capacité nous épargne 184 voitures dans la ville.

Qu’un tel véhicule s’arrête pour laisser passer un piéton m’exaspère. À l’intérieur peuvent se trouver jusqu’à 250 personnes : elle verront leur vitesse ramener à zéro kilomètre-heure pour laisser une créature à deux jambes qui, elle, aurait pu s’arrêter sans effort.

Après ça, on dira que la marche à pied est le transport le plus écologique ! En supposant que le tram roulait à 30 km/h, il aura gaspillé ses quelques 2 mégajoules d’énergie cinétique pour laisser le passage à un seul homme. C’est l’équivalent énergétique de 200 piles AA qui sont parties en fumée pour cet énergumène !

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Stop à la civilité obsolète

Alors, si vous êtes piéton, soyez-le de manière responsable. Vous pouvez bien attendre que le bus ou le tram passe avant de traverser. Je sais, ce n’est pas facile. Les conducteurs, enracinés par la culture du « piéton est roi », n’ont pas l’habitude de voir un individu si attentionné.

Alors moi, à l’approche d’un véhicule, je regarde en l’air, voire je tourne le dos : « mais non, je ne vais pas traverser », dit mon corps. Parfois, je fais des grands gestes, genre « circulez, il n’y a rien à voir ».

Et quand le véhicule passe sans freiner, avec un signe du chauffeur me remerciant, c’est une victoire sur une civilité obsolète. Et ma journée est belle !

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5 réflexions au sujet de « Quand marcher n’est plus écologique »

  1. Eh bin! Moi (férue automobiliste) qui mets un point d’honneur à toujours m’arrêter pour les piétons, voilà que ce civisme n’est pas écologique… On aura tout vu! Je ne sais pas quoi penser, je crois que je préfère le civisme à l’écologie. Heureusement que je ne suis pas un tram!

    1. C’est surtout vis-à-vis des transports lourds que je trouve ce civisme exagéré.
      Cela dit, dans des rues compliquées à traverser pour une voiture, comme la rue du Luxembourg (avec ces bus et taxis prioritaires et les flux de piétons sortant de la gare), je retourne ce civisme en laissant passer les voitures, quand je suis seul aux abords des passages.

  2. J’aime beaucoup cet article. Et suis entièrement d’accord.
    Que je sois automobiliste ou piétonne, mes deux principes sont:
    1) laisser passer celle ou celui pour qui c’est le plus difficile de s’arrêter: un cycliste dans une montée, par exemple;
    2) faire en sorte que la circulation soit fluide et sûre pour tous.
    Finalement, quand on se laisse guider par l’envie d’une circulation conviviale, ça roule bien pour tous :)

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