Et si j’étais riche ?

Nous randonnons sur un sentier du littoral de la Côte d’Azur quand un hélicoptère nous survole d’assez près pour nous décoiffer : et pour cause, il atterrit dans la propriété d’une des belles villas qui bordent ce magnifique et riche littoral.

Mais l’incrédulité est de mise quand nous voyons sortir de l’appareil un couple avec leurs valises. Que l’on puisse utiliser un hélicoptère pour arriver sur son lieu de villégiature nous parait aussi choquant que la campagne publicitaire pour le parfum « Le Beau Mâle » (mais si, celui avec la peau de l’ours blanc !). Sauf que celle-ci cherche peut-être la provocation, et pas ce couple-là.

Un  hélicoptère pour arriver à sa villa
Comme on dit : « Ça le fait ! »

Comme dirait l’autre : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs ». Et il est manifeste que nous sommes en bas de l’échelle (euh non, plutôt en bas de l’escalier aboutissant à une porte blindée avec caméra), ne partageant avec ces riches vacanciers qu’un décoiffage dû à un vent d’Ecureuil…

L’Ecureuil a soif

Existe-t-il un engin consommant plus qu’un hélicoptère, au kilomètre ? Un char d’assaut ? La fusée Ariane ? Bon, je ne cherche pas vraiment car voici un chiffre : 165 litres… par heure. Voilà la consommation de l’Ecureuil AS 350, probablement le modèle qui nous survole – la flotte de l’autre côté de la baie en dispose…

Que ce soient quelques minutes pour traverser le Golfe de Saint-Tropez, ou les 15 minutes pour venir de Cannes, voilà un taxi qui aura consommé entre une douzaine et une quarantaine de litres… Fois deux ! Car ne croyez pas que l’engin revienne à sa base avec d’autres passagers, ni même avec les vidanges consignées, ou avec les sacs verts des déchets de jardin ! Non non : « Au revoir madame, au revoir monsieur, voici ma carte : n’hésitez pas à m’appeler si vous voulez faire des courses en ville… »

Je disais plus haut que nous sommes sur un riche littoral. Oui, « riche » à prendre dans tous les sens du terme…

Allez, rien qu’une fois

Bon, stop !

Si j’étais riche, aurais-je de telles réflexions ? Ferais-je l’impasse sur un transport aussi fun que l’hélicoptère, qui me coûterait ce qu’à d’autres coûte le bus ?

Et si j’étais riche, aurais-je seulement conscience de tous les problèmes qui font l’objet de ce blog ? Et quand bien même, aurais-je la volonté de réduire mon train de vie et de ne pas profiter de ce qu’un millionnaire peut s’offrir ? Ne consommerais-je pas sans compter, soulageant ma conscience à coups de donations et compensations carbone ?

Et à défaut d’être riche, si ma modeste personne écolo bobo de la classe moyenne était l’invité d’un riche ami, m’offrant le trajet en hélicoptère, le refuserais-je ? Ah, voilà un cruel dilemme. Et la plupart d’entre vous dirait : « Tu serais bien con de refuser ! » . « Pour un fois » . « Ce n’est pas ça qui sauvera la terre » .

Ce serait dommage de ne pas en profiter
Promotion ! Ce serait dommage de ne pas en profiter !

Si je me regardais dans le miroir

Mais où voulais-je en venir ? Avec des « si », on… ferait voler un hélicoptère à l’énergie photo-voltaïque !

Eh bien voici la leçon que je tire de cette décoiffante expérience : nos réflexions et jugements sont souvent dictés par notre propre situation, le contexte de notre vie. La critique est facile envers les gens qui ne partagent pas notre contexte social, quand ce n’est pas de l’incompréhension quand il s’agit d’autres cultures.

Je ne dis pas qu’il ne faut rien critiquer et excuser tout le monde. Mais s’imaginer dans la peau de l’autre est un exercice intellectuel qui permet de prendre plus de… hauteur, et de « se regarder dans le miroir ».

Épilogue

Y a-t-il un transport plus énergivore que l’hélicoptère ? J’ai trouvé le Crawler-transporter, avec 600 litres à l’heure.

Et le jour où un très riche l’utilisera pour faire une DJ Party en mouvement de sa villa à la plage, il recevra mes foudres.

Il ne faudrait pas exagérer, quand-même !

Arriver sur son lieu de villégiature en hélicoptère...

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2 réflexions au sujet de « Et si j’étais riche ? »

  1. Il me semble que nous jugeons toujours par rapport à un repaire, ce repaire c’est notre égo, comment NOUS resentons les choses, le problème c’est que nous resentons les choses par rapport à notre vécu et notre condition sociale.
    Qu’est-ce que notre condition sociale et notre vécu?
    Notre conditionnement !
    Tout cela nous amène à nous poser une question, s’il y a conditionnement, ou est notre moi dans tout cela ?
    Y en a t-il seulement un?
    Enlevons les repaires (le conditionnement) et posons-nous la question « Qui sommes-nous? »
    Je sais ça fout les chocottes. Pourquoi?
    Parce que sans repaires, nous croyons que sommes dans l’insécurité.
    Sans repaires que reste t-il vraiment ?
    La vacuité! Pas de début pas de fin, pas de haut pas de bas, pas de chaud pas de froid, pas de beau pas de laid, pas de bien et pas de mal, pas de vous, pas de moi.
    Qui alors?
    Peut-être une continuité de NOUS depuis toujours et tout le temps, le vol d’un hélicoptère …
    Bon courage!

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