Archives de catégorie : Bonne nouvelle

Tout ne va pas si mal : on trouve des bonnes initiatives, de bonnes actions, et de bonne attentions. Courage !

Des idées lumineuses

Voici trois inventions qui me font du bien. C’est une lueur d’espoir dans ce noir destin de l’humanité. Une lueur ? Eh bien oui, car je vais vous parler de lumières…

L’eau en lumière

Même en pleine journée, il fait sombre dans les bidonvilles de Manille, car l’électricité est un luxe. Alors on fait un trou dans la tôle ondulée de la toiture, et on y place une bouteille d’eau : elle donne autant de lumière qu’une ampoule de 50 w !

Cette idée, de l’ingénieur Brésilien Alfredo Moser, est maintenant transmise par la fondation My Shelter, qui vise un million de bouteilles solaires installées en 2015.

Si l’idée est simple, sa mise en œuvre nécessite quelques bricolages : vous trouverez toutes les instructions, ainsi que l’évolution du projet, sur leur sympathique site : aliteroflight.org.

La gravité en lumière

Une idée qui du poids
Une idée qui a du poids

Accrochez un sac de dix kilos à un crochet, et voilà 15 à 30 minutes de lumière, sur le temps de descente du poids. L’idée plaît tellement que les concepteurs ont rassemblé en crowdfunding 399.590 $ au lieu des 55.000 prévus !

Une idée qui paraît fort simple, mais qui a quand-même demandé quatre ans de développement à ses deux inventeurs, designers à Londres.

Le but est d’apporter la lumière dans les pays pauvres, et l’expérience au Sri Lanka est concluante. La recherche se poursuit pour rendre le système moins cher et plus robuste.

Le foot en lumière

Voilà pourquoi je vais enfin aimer le foot !
Voilà pourquoi je vais enfin aimer le foot !

Jouez au football pendant 15 minutes, récupérez la balle et branchez-y une lampe LED : elle s’éclairera pendant 3 heures ! C’est le sOccket, un ballon contenant un capteur gyroscopique alimentant une batterie : l’énergie cinétique devient électrique.

Ici aussi, le crowdfunding vient de se clôturer avec succès : la balle va maintenant être produite de manière industrielle, et vous pouvez la pré-commander.

Et ne vous inquiétez pas sur son efficacité : la balle a déjà bien circulé dans les pieds des footballeurs d’Afrique du Sud…

Participer à l’innovation

Parfois, les idées sont tellement simples que l’on se demande pourquoi cela n’a pas été inventé plus tôt ? Mais l’homme n’invente pas forcément en allant du plus simple au plus compliqué : il suit plutôt la demande. Après tout, le vélo a bien été mis au point après la locomotive !

Bref, ces trois projets doivent vous avoir convaincu qu’il y a des idées qui marchent. Et la bonne nouvelle, c’est que, grâce au crowdfunding, nous pouvons être acteur de l’innovation. Une belle manière de rendre notre argent utile : ça crée de l’emploi, encourage l’innovation, sert aux plus démunis, et… « c’est bon pour la planète ». Et en plus c’est excitant !

Je me fixe donc comme devoir, pour un prochain article, de vous exposer quelques projets en cours de financement, histoire de… saisir la balle au bond !

Avez-vous déjà financé un projet participatif ?

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Viva el presidente

Un pays peut-il aller à contresens de la mondialisation et du libéralisme ? L’Équateur s’y essaie, avec un président charismatique à sa tête…

Le président vous salue

En ce lundi 29 octobre 2012 nous sommes sur la Place de l’Indépendance, Quito, Équateur. Il est presque 11h, et une foule s’est assemblée, sous l’étroite surveillance de policiers surarmés et prenant leur rôle très à cœur (càd qu’ils n’ont pas l’air commodes et qu’on n’ira pas leur demander du feu !).La raison de ce dispositif ? Il apparait bientôt sur le grandiose balcon qui nous surplombe : c’est le président de l’Équateur, venu assister au changement de la garde présidentielle. Entouré de toute une suite (est-ce miss Équateur là plus loin ?), il salue la foule et celle-ci le lui rend bien : vivas et banderoles l’accueillent avec une ferveur non simulée, on sent bien que le président a trouvé sa place dans le cœur de son peuple.

Le président de l'Equateur assiste au changement de la garde
Un président qui ne doit pas se sentir seul

Mais qu’a-t-il donc fait ?

« El ecuador ya no esta en venta » (l’Equateur n’est plus en vente), « Es hora de luchar por nuestro patria » (Il est temps de se battre pour notre patrie), lit-on sur les banderoles…

Économiste de gauche

Il s’appelle Rafael Correa, a 49 ans et est assez bel homme si l’on écoute l’avis de la gente féminine – mais ça n’influencera pas mes propos ! Il a fait des études d’économie à l’UCL (où il a rencontré son épouse belge), aux USA puis dans son pays : cela a fait de lui un économiste… « de gauche » ! Il a sans doute bien assimilé le dogme du néo-libéralisme, mais a conclu que ce n’était pas bon pour son peuple !

Résultat : quand, fin 2006, mr Correa devient président de l’Équateur, il prend une série de mesures, que l’on approuvera ou critiquera, mais qui ont le mérite de suivre ses convictions : des actes, pas des simples promesses électorales ! Voyez plutôt :

  • Il met en place un Comité d’Audit qui décidera de ne plus rembourser une partie de la dette, jugée illégitime. [1]
  • Le pays vit principalement du pétrole (membre de l’OPEP) : il renégocie les contrats avec les sociétés pétrolières, pour augmenter à 70 % les rentes à l’État. Il est même question de nationaliser le secteur pétrolier. [2].
  • Se voulant d’un « Socialisme du XXIème siècle », il multiplie les mesures sociales : triplement des dépenses en matière d’éducation et de santé, doublement des allocations pour les mères célibataires, aides aux petits paysans, baisse du prix de l’électricité. [3]
  • Il régularise le système bancaire. [4]

Voilà pour les faits marquants. Mais l’Équateur et son président peuvent nous étonner avec d’autres mesures réactionnaires…

Les droits de la terre

Le peuple a approuvé en 2007 le nouveau projet de constitution. Ses articles vont dans le sens du social [5], vous l’aurez deviné, mais établissent aussi les « droits de la terre ». Ainsi on trouve l’article 71 : « La nature a le droit d’exister, de maintenir ses cycles vitaux, sa structure, ses fonctions et ses processus d’évolution. Toute personne, communauté, peuple, a la capacité de demander à tout organisme public la reconnaissance des droits de la nature. »

En conclusion, la constitution Équatorienne est devenue un instrument de résistance contre les agissements des multinationales… et du gouvernement lui-même, ce qui est bien nécessaire ! Car le pays est écartelé entre sa riche biodiversité et son pétrole. Ce qui le met dans une position contradictoire, illustrée par ces deux exemples :

  1. Les indiens de Sarayaku se battent pour protéger leur territoire contre l’industrie du pétrole. Un comble, au vue d’une constitution qui devrait justement les protéger. [6]
  2. Le projet Yasuni ITT part d’une bonne intention : l’Équateur demande un dédommagement à la communauté internationale, pour compenser les pertes de rente dues à la non exploitation de ressources pétrolières en Amazonie – épargnant ainsi le monde des gaz à effet de serre. Mais pourquoi faire surgir ce problème hors de ses frontières, alors que sa constitution est censée protéger ces territoires contre toute forme d’exploitation ? [7]

Pauvre Rafael

Retour sur la Place de l’Indépendance, où nous partageons l’exaltation des Équatoriens : je photographie le président tandis que me trotte en tête le chiffre de 5 %. Oui, 5 % de chômage [8], c’est ce que venait de me dire notre guide local.

Ah ça oui, le peuple équatorien peut bien être fier de son président. Mais fait-il vraiment l’unanimité ? « Les riches ne l’aiment pas », me répond notre guide. Voilà une réponse sans surprise. Le constat n’est-il pas plutôt « A part son peuple, personne ne l’aime » ?

Car notre président semble mettre les moyens pour contrôler les médias à son avantage [9], et avoir le peuple avec lui, plutôt que son parlement.

Rafael Correa nous salue
Rafael Correa nous salue, en gardant une main sur la barre

Voilà un homme qui me donne l’impression de vouloir aller jusqu’au bout de ses convictions, contre vents et marées, et tant pis si la démocratie en prend un coup, tant pis si ses décisions ne servent pas la mondialisation. Hélas, c’est sans doute cette dernière qui décidera du sort du pays. Allez jeter un œil sur l’étude économique faite par la Coface : voilà sur quoi est jugé un pays, et ça me désole !

Alors je préfère garder l’image, certainement subjective, que peut avoir un touriste n’ayant passé que deux semaines dans cette contrée : celle d’un « pays du sud » qui s’en sort bien, qui prend son destin en main, et qu’on aimerait montrer en exemple…

Pourvu que son capitaine ne se fasse pas emporter par la tempête…

"Le libre-échange profite au plus compétitif, au plus productif, à celui qui a la meilleure technologie. Nous ne sommes pas contre le commerce, mais contre l'ouverture à tout va..." (Rafael Correa)

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Mark Miller sur une moto CZYSZ

La course des motos vertes

Sundance Channel est une chaîne TV plutôt mystérieuse quant à sa programmation. Elle est offerte par mon télédistributeur : quand je zappe dessus, je tombe le plus souvent sur un film avec des jeunes se posant des questions existentielles… Jusqu’à l’autre jour où débarque un documentaire avec des motos high-tech : celles de Tron ? ; celle de Batman ? Non, mais bien les motos de notre futur…

En 2009, le Tourist Trophy de l’île de Man, une course moto consistant à faire le tour de l’île de Man, créait une nouvelle compétition : le The Zero Carbon, Clean Emission Grand Prix. Elle concernait les motos électriques. Afin de ne pas les mettre en compétition avec les motos de course classiques, l’organisateur les faisait concourir quelques jours avant, avec un règlement adapté… disons plus « large ».

Bande annonce de « Charge »

Le film sur lequel j’étais tombé, probablement « Charge » ,  suit les équipes de par le monde, préparant leur bolide en vue de cet événement qui fera date dans l’histoire de la course moto. En Inde, en Allemagne, aux Etats-Unis, nous assistons à la mise au point d’engins où tout est à repenser, car les règles mécaniques traditionnelles n’ont plus cours. On met aux point des batteries surpuissantes (gare aux décharges !), on hésite entre un, deux ou trois moteurs (souvent des moteurs Agni, inventés par Cedric Lynch, grand savant un peu fou que l’on voit dans le film), et on se demande même s’il ne faudrait pas mettre un changement de vitesse pour ne pas déstabiliser le pilote. Bref, on réinvente tout, et les moments de désespoir ne manquent pas.

A l’approche de l’événement, la caméra fait le tour du public et des professionnels pour avoir leur avis sur l’arrivée des motos électriques dans cette course prestigieuse. Ça ricane, ça se moque : nous sommes dans un milieu qui ne jure que par le rugissement des moteurs et l’odeur d’essence, et une technologie propre et silencieuse n’y a pas sa place. On s’attend à voir passer des motos bricolées avançant aussi vite que des mobylettes : n’a-t-on pas monté à 50 minutes le temps de qualification alors que les pros font le tour en moins de 18 minutes ? Ah ça non, elles n’arriveront jamais à concurrencer le moteur à explosion – et puis à quoi ça sert ? Il faut quand même brûler de l’énergie pour avoir de l’électricité…

Mais quand ces motos débarquent sur le bitume, on s’étrangle avec son hamburger et les lunettes de soleil tombent du nez : on n’est pas dans le bricolage, le futur est bien là – et c’est d’autant plus impressionnant qu’il arrive avec des équipes et des constructeurs inconnus.

Mark Miller sur une moto CZYSZ
Une Honda ? Une Suzuki ? Non, une CZYSZ !

Et puisqu’on n’est pas dans l’amateurisme, des pilotes habitués au circuit sont sollicités pour monter ces nouveaux bolides. Après quelques explications (n’accélérez pas trop vite, ne maintenez pas le maximum pendant longtemps, ayez la jauge d’énergie à l’œil…), les voilà partant dans un sifflement de turbine… pour revenir enchanté ! Certes, on n’atteint pas encore les grandes vitesses (140 km/h de moyenne, quand-même !), mais les pilotes ont la sensation de glisser sur la route… et n’ont jamais vu autant d’animaux sur le parcours : ces derniers n’entendent pas arriver les motos, tout simplement ! Il y en a même un (de pilote, pas d’animal – quoique !) pour dire que c’est le plus beau jour de sa vie !

Bien-sûr, il y aussi des frustrations et beaucoup ne terminent pas le tour : batterie à plat ou moteur brûlé, on voit alors les pilotes pousser leur moto jusqu’à la prochaine descente, espérant relancer leur monture avec laquelle ils ont déjà un lien d’affection.

Ah les amis, j’ai suivi ce film avec passion et émotion. Après cela je vois nos motos (et voitures) comme les futures générations les verront : des machines fumantes, bruyantes et inefficaces. Car une autre information est apparue durant ce film, moment clé de cet article : le rendement d’un moteur à explosion (pour une moto de course) est de maximum 35 %. Avec le moteur électrique… on est à 90 % ! Et en plus, on récupère l’énergie du freinage.

Tout cela se passait en 2009. Aujourd’hui il y a un championnat pour les motos zéro carbone, le TTXGP, et d’aucuns disent qu’en 2014, elles iront aussi vite que les classiques.

Le futur est à notre porte : ce ne sont pas encore les voitures volantes, mais si je pouvais assister à l’abandon du pétrole comme énergie de transport, je serai déjà très content…

(Les photos utilisées dans cet article proviennent de cette galerie de Motorcycle-usa.com)

Le moteur électrique pour nos transports...

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