Archives par mot-clé : agriculture

Voulez-vous faire du Wwoofing ?

Le WWOOF crée une solidarité mondiale autour de l’agriculture biologique. Voilà une belle cause, que j’ai pu soutenir en faisant le site internet de l’antenne belge. A défaut d’avoir la main verte, la main digitale, ça aide aussi…

Le site le plus polyglotte de l'organisation
Le site le plus polyglotte de l’organisation

J’ai rencontré Jesús

WWOOF, c’est World Wide Opportunities on Organic Farms, une organisation internationale qui « permet à des personnes qui désirent apprendre ou se perfectionner en agriculture biologique, de se porter volontaire dans des fermes exerçant ces pratiques, et qui sont prêtes à les accueillir » .

C’est lors du salon Valériane que je découvre cette organisation : non pas que je cherche des occupations agricoles, mais un stand m’intrigue. C’est celui de WWOOF Belgium, antenne belge alors en cours de constitution. Car si l’organisation est internationale, chaque pays peut reprendre la gestion des fermes sur son territoire.

Et c’est ainsi qu’à ce stand je rencontre un petit groupe de volontaires bien motivés à reprendre le flambeau. Parmi eux, Jesús, qui m’explique que tout est à faire (ce que je comprends rien qu’en voyant le flyer…). Et que, surtout, il faut un site web : c’est la pièce centrale du système…

… En rentrant au soir, je dis à mon épouse : « J’en rencontré Jesús, et il m’a donné une mission… »

Whosts et WWOOFers

Voici comment fonctionne le WWOOFing, et pourquoi le site web est au centre du système…

D’un côté, on a des producteurs bio, ou engagés dans un projet écologique ou durable, qui ont envie de transmettre leur savoir : ils sont prêts à héberger et à nourrir des volontaires pendant plusieurs semaines. Ils se déclarent à WWOOF Belgique, qui examine leur demande, vérifie sur place que les conditions sont remplies, et établit leur fiche signalétique, visible sur le site. Ils deviennent des « Whosts » (mot non officiel dans le monde WWOOF, que nous sommes fiers d’avoir inventé !)

De l’autre côté on a des gens qui veulent apprendre ou étendre leurs connaissances dans les domaines susmentionnés : ils sont volontaires pour aider les producteurs. Ils s’inscrivent sur notre site et paient une petite cotisation annuelle : ils sont les WWOOFers. Une fois inscrits, ils peuvent contacter les Whosts par le site web.

La terre est la limite

Ma première surprise, lors de la conception du site, est de recevoir la consigne de mettre comme première langue l’anglais ! Comment ? On fait l’antenne belge et l’anglais passe devant le français et le néerlandais ?

Eh bien oui, car le Wwoofing, c’est international. Le site belge s’adresse avant tout aux WWOOFers globetrotteurs du monde. Pensez-donc, ils sont 80.000 !

Et voilà bien pourquoi le WWOOFing est un succès : il offre cette magnifique opportunité d’être accueilli, nourri, et logé dans une famille d’un pays étranger. Mais attention : seulement si vous avez un intérêt pour l’agriculture biologique et les pratiques de vie durable. L’organisation… veille au grain !

Allez donc sur le site WWOOF International, et voyez les pays qui vous attendent !

« The earth is the limit ! »

Un sacré site

Le site WWOOF Belgium est le plus technique des sites que j’ai eu à créer, et je ne vais pas faire de fausse modestie : je le considère comme un des plus beaux de l’organisation. Ce qui m’a valu d’être contacté par WWOOF Hongrie, qui veut renouveler le sien (j’ai répondu négativement).

Bien-sûr, je ne l’ai pas fait tout seul : c’est tout une équipe, pour la rédaction, les traductions, avec même un Whost pour les textes allemands. Et, pendant que mes mains tapotaient du code, le reste de l’équipe courait aux quatre coins de la Belgique pour vérifier, consolider et enrichir la liste des Whosts belges, reçue de l’organisation internationale, « en l’état ».

Une équipe de wwoof !
Une équipe de wwoof !

12.000, et moi et moi et moi

A l’heure actuelle, nous avons une trentaine de Whosts, mais le potentiel est énorme. Quant aux WWOOFers, il en arrive d’Italie, de France, de Suisse, du Brésil, des États-Unis, de Taiwan !

Quant à vous, si le WWOOFing vous tente, quelque 12.000 Whosts vous attendent sur notre bonne planète !

Le WWOOFing...

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Une histoire de la forêt

A quoi ressemblaient les paysages du temps de nos ancêtres, et doit-on regretter un passé à la nature luxuriante ? Voici une partie de la réponse, avec le livre « Une histoire de la forêt ».

La mauvaise histoire

Martine Chalvet est « Maître de conférences à l’université de la Méditerranée, spécialiste de l’histoire de l’environnement et des paysages. » (on n’en saura pas plus, ne trouvant sur le web que des copier-coller de cette phrase !) : elle nous raconte dans son livre l’histoire de la forêt depuis l’apparition de l’homme jusqu’à nos jours, avec pour but premier de remettre les pendules à l’heure : oubliez les grandes forêts que traversaient nos héros chevaleresques !

Car jusqu’il y a peu, les historiens se basaient principalement sur les écrits et l’art pour s’imaginer nos forêts d’antan. A la lumières des nouvelles techniques archéologiques, c’est plutôt une forêt dynamique qui se dessine, exploitée de manières bien différentes au cours de nos civilisations.

Bref, la forêt a dans un premier temps évolué suivant les climats puis, avec la sédentarisation de l’homme, elle a fluctué suivant une dynamique complexe, dans laquelle nous avons été destructeurs mais aussi protecteurs et créateurs de biodiversité, ce qui nous amène à conclure qu’il n’y a plus, en Europe, de forêt originelle.

Evoltion des forêts et des hommes
© foret.chambaran.free.fr

Un bois obsolète

Nos forêts sont liées à l’homme, et retracer son histoire, c’est un peu raconter notre société et nos croyances.

Lieu de vénération et de divinités pour les premiers peuples, endroits sauvages à exclure de la civilisation pour les romains, ressources essentielles pour les paysans et leur bétail au Moyen Âge, rôle économique primordial à partir du XVème siècle, sylviculture industrielle sur les derniers siècles, et lieux protégés ou de loisir aujourd’hui : le rôle de la forêt a bien changé au cours des siècles.

Le bois est même tout un symbole de notre évolution : indispensable à toute construction et énergie hier, remplacé aujourd’hui par une pléthore de matières. On peut en tirer cette leçon : « Les prévisions du passé correspondent rarement aux besoins du présent. » (p. 241).

Promenons-nous donc dans les bois qui, en Europe du moins, ont reconquéri du territoire. Mais ne traînons pas…

Une forêt sous pression

La hasard a voulu que je tombe sur le  projet Erscia, qui consiste à implanter une usine exploitant le bois en France : une industrie qui heurte les écologistes, car elle implique des coupes en quantités industrielles, ainsi qu’une usine implantée dans une zone à la riche biodiversité.

Voici le point de vue de Pascal Jacob, initiateur de ce projet : il est temps que la France déploie de nouveaux pôles industriels pour exploiter ses réserves forestières, car en attendant, elle doit importer le bois pour répondre à la demande.

J’ai contacté mr Jacob, pour lui demander quelle politique il envisageait pour gérer les ressources forestières ? Il m’a donné ces chiffres : l’accroissement naturel annuel de la forêt française est de 90 millions de m3, et le prélèvement ne sera que de 45 millions.

Ces chiffres sont difficiles à interpréter. Mais il est un fait qu’en un siècle, la forêt française a quasiment doublé. Serait-on les témoins privilégiés d’une forêt qui a atteint son apogée, et qui va maintenant entamer une décroissance sous les coupes industrielles ?

Replongeons dans le livre :  j’apprends que la gestion des forêts actuelles, pour beaucoup protégées et/ou vouées aux loisirs, coûte cher… Elle est donc sous pression !

Une bien belle histoire, parmi d’autres

Je referme ce livre, et je n’ai qu’une partie de la réponse concernant l’évolution des forêts car, comme le mentionne le titre, c’est « Une » histoire de la forêt : celle de l’Europe. Et ne je saurai quasiment rien de la forêt amazonienne, par exemple.

ExtraPaul lit une histoire, dans la forêt...
ExtraPaul lit une histoire, dans la forêt…

En fait, ce livre s’adresse plus aux historiens qu’aux écologistes. C’est détaillé, fouillé, pointu, et je ne l’ai pas trouvé facile à lire. J’ai du mal à prendre de la hauteur pour en tirer les grands traits. A tel point que j’ai essayé de me résumer les grandes périodes d’expansion et de diminution des forêts d’Europe, sans y parvenir : je me suis alors rabattu sur ce petit diaporama de l’excellente émission « Les Dessous des Cartes » (ARTE).

Le livre regorge aussi d’un riche vocabulaire lié au milieu forestier : ça ne facilite pas la lecture et, sapristi, l’auteure aurait pu signaler qu’un dictionnaire se trouvait à la fin du livre ! Puisse cette remarque servir aux prochains lecteurs…

Allons en forêt... (plusieurs réponses possibles)

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A qui profite le développement durable ?

Le développement durable n’est qu’un nouveau produit de la mondialisation, qui ne profite pas aux pauvres. Ah bon ?

Le petit livre vert de Brunel

Je ne suis pas rancunier : Sylvie Brunel, je l’avais déjà lue, et je n’étais pas trop d’accord avec ses propos (et ceux de ses compères géographes) sur un monde qui va bien, qui continue à être façonné par l’homme, car la terre est au service de l’homme et pas l’inverse.

Ce discours, elle le continue avec ce livre « A qui profite le développement durable ? ».

Il est petit, vert, assène certaines vérités et quelques bêtises : j’ai eu un certain plaisir à le lire, j’ai été convaincu par certains propos, mais les moments d’exaspération n’ont pas manqué !

Ça va chauffer !

Pour résumer les propos de l’auteur, le développement durable n’est qu’une nouvelle forme de business, qui profite aux riches, qui désavantage les pauvres, qui permet aux compagnies de continuer à produire en bénéficiant d’une nouvelle arme commerciale : « sauver la planète ».

Et ça fonctionne d’autant mieux que les ONG jouent les oiseaux de mauvais augure, en se focalisant sur tout ce qui va mal.

On culpabilise les habitants des pays développés sur leur mode de consommation, on demande aux pays du Sud de ne pas polluer comme nous, en plus de leur demander de protéger des territoires au nom de la biodiversité, reléguant les populations locales au second plan.

Tout cela en surfant sur un réchauffement imputé à l’homme : on prend des mesures inéfficaces en prévision d’un futur très hypothétique…

Faible plutôt que fort

Pour Brunel, le « développement durable » n’est pas la bonne voie : il doit concilier équité, économie et environnement, ce qui est trop limité. « Chacun tire l’attelage dans sa propre direction » (p.65). Et voici, ci-dessous, les trois « attelages » :

Le durable à l'intersection des 3 E
Le durable à l’intersection des 3 E

Les « ayatollahs » de l’environnement défendent une durabilité forte : les ressources naturelles doivent absolument être maintenues en l’état.

Mais on devrait aller vers une durabilité faible, considérant que des ressources peuvent être substituées par les techniques de l’homme. De plus, et c’est le cheval de bataille de l’auteure, l’environnement n’est que le produit des activités de l’homme : « il n’existe pas de milieux naturels qui n’aient été anthropisés, transformés par l’homme. La nature n’est qu’une construction sociale, qui dépend des lieux, des époques, et des priorités que se donnent les sociétés. » (p. 69)

Le meilleur et le pire

Sylvie Brunel trouve les arguments pour démonter certaines croyances. Comme la biodiversité : « C’est dans les jardins des grands hôtels tropicaux (…) que la biodiversité est la plus grande. » (p. 86).

Et son analyse de la vie sauvage, que l’on veut préserver, voire retourner y vivre, est pertinente : la nature, c’est la loi de la jungle, la raison du plus fort, tout simplement. Et de rappeler : « La seule espèce à avoir développé une conscience de son prochain, à avoir souhaité protéger le faible, le handicapé ou le menacé, c’est précisément l’être humain. » (p. 89)

Mais hélas, certains propos lui font perdre sa crédibilité. Ainsi, elle doute des prévisions du GIEC, confondant climatologie et météorologie : « On ne peut déjà pas prévoir le temps à plus d’une semaine ! » (p. 117). Ou, expliquant que livré à lui-même, le milieu naturel est colonisé par des espèces invasives, elle prend parmi ses exemples la perche du Nil dans la lac Victoria : un comble, quand on sait qu’il s’agit d’un désastre écologique imputable à l’homme !

D’autres sottises ne manquent pas, mais je les gardes pour introduire mes prochains articles…

Suivons l’Afrique

Notre géographe ne manque pas d’audace. Ainsi trouve-t-on un chapitre « L’Afrique, laboratoire du développement durable », où elle demande que les ONG de s’occupent plus de ce continent : « Il est impératif de faciliter la modernisation et l’aspiration profonde de sa population au développement : l’Afrique n’est pas notre zoo. » (p.105).

Mais son discours est ambigüe, car elle explique ensuite que l’Afrique pourrait être un modèle à suivre : elle pratique l’économie légère, est as du recyclage, est forcé à la décroissance.

Alors donc, développement et décroissance seraient possibles ? Réponse en page 129 où Brunel se sabote elle-même : « Le développement (…) ne peut se faire sans croissance. »

Tournons la page est concluons…

Pilule bleue ou rouge ?

A qui profite ce livre ?
A qui profite ce livre ?

Je referme le livre et me demande : ai-je bien compris le message de Brunel ?

Les ONG en ont pris pour leur grade, les pauvres ont été défendus contre des gens comme moi (car je me sens clairement visé), accusé de vouloir imposer un mode de vie « bio » et « éthique » coûteux, en même temps qu’exiger une protection de la nature qui n’a rien demandé.

Alors, est-ce que Brunel me demande de ne plus soutenir personne ? Ne puis-je plus profiter de mon pouvoir d’achat pour soutenir une autre économie, qui ne deviendra accessible aux plus démunis que si elle se développe ?

Quant aux (grosses) ONG, c’est comme les syndicats : on les accuse d’extrémisme, d’inefficacité, de propager la mauvaise nouvelle, de jouer le jeu des multinationales pour l’un, des patrons pour l’autre. Alors je vous tends deux pilules : la bleue c’est pour rester dans ce monde, la rouge c’est pour se réveiller dans un monde sans ONG et sans syndicat…

Je prends la bleue…

« A qui profite le développement durable ? » par Sylvie Brunel, 154 pages, Larousse

Alors, pilule bleue ou pilule rouge ?

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