Usbek & Rica

Il porte un nom bizarre, il a une esthétique rétro-futuriste, il paraît quatre fois l’an, il est français : c’est Usbek & Rica, « le magazine qui explore le futur » .

Graphisme et philosophie

Il était temps de vous parler d’une revue qui m’accompagne dans mes préoccupations, qui est même une source d’inspiration pour l’écriture de ce blog. Un magazine qui s’interroge sur notre futur, qui explore ses avenirs possibles, non sans un certain regard philosophique.

« En jouant de l’étonnement cher aux personnages des Lettres persanes de Montesquieu, dont son titre est directement tiré, Usbek & Rica interroge les bouleversements les plus rapides et les plus vertigineux de notre histoire. Le progrès technique est-il toujours synonyme de progrès humain ? Comment rester un être humain dans le monde ultra-technologisé qu’on nous promet ? À quoi va ressembler cette fusion imminente entre la biologie et l’informatique ? Ce sont toutes ces questions, et bien d’autres encore, auxquelles Usbek & Rica tente de répondre, en sortant des vieux schémas de pensée, en donnant la parole à ceux qui créent et réfléchissent. »

Usbek & Rica, faussement rétro
Usbek & Rica, faussement rétro

Il faut avoir le magazine en main pour comprendre ce qui le distingue de la presse habituelle : pas d’encarts publicitaires, des illustrations privilégiées aux photos, et une mise en page soignée. D’ailleurs, c’est un graphiste qui me l’a fait découvrir.

Les lilliputiens végétaliens au pays de la démence numérique

Pour autant, le magazine ne se contente pas d’être l’étalage d’une charte graphique soignée au petits oignons : son contenu nous emmène sur des thèmes souvent interpellants, parfois décalés, mais jamais lassants.

On y trouve des sujets dans l’air du temps, comme le revenu d’existence, le gouvernement mondial, la démographie, la domination de Google, les monnaies locales. On s’inquiète pour certaines régions, comme la Corée du Sud (« Au pays de la démence numérique » ), le Qatar (« Vingt ans pour sauver le Qatar » ). On y analyse les objets novateurs, utiles comme le Bamb’Loon, ou futiles comme le Whif, inhalateur à particules de café. On s’intéresse à quelques personnalités peu souvent mis en lumière, comme Salvatore Iaconesi (« Mon cancer en open source » ), Ludwik Leibler (« L’homme qui anoblit la matière noble » ).

On verse dans la culture (« Le sacre de la sono mondiale » ), l’éthique (« Faut-il un parlement des choses ? » ), le subversif (« Sauvez la planète, tuez-vous ! » ), l’idéalisme (« Internet va-t-il moraliser le capitalisme ? » ), la science-fiction qu’on espère visionnaire (« Faire l’amour en 2050 » ).

Et on analyse sérieusement des idées saugrenues : « Tu seras un lilliputien végétalien, mon fils » (résoudre la surpopulation en réduisant la taille de l’homme), « Habiter le ciel » , « La téléportation, moyen de transport le plus lent de l’histoire ? » .

Excitant ou déprimant

Mais Usbek & Rica, c’est plus qu’un magazine : c’est un esprit, un engagement, qui se décline en quelques produits qui contribuent à construire une communauté.

  • Dans chaque numéro on trouve quelques billets d’une monnaie locale, le Usbek, que l’on peut utiliser pour acheter des livres mis en circulation par l’équipe de rédaction.
  • Chaque trimestre, un « tribunal pour les générations futures » est organisé pour discuter de sujets comme : Pour ou contre l’immortalité ? Faut-il fermer les prisons ? Faut-il supprimer le droit de vote ? La culture doit-elle être libre et gratuite ? Faut-il coloniser d’autres planètes ? Sommes-nous trop nombreux sur Terre ? Doit-on exploiter les animaux ?
  • En association avec 10/18, une collection « Le monde expliqué aux vieux » porte un certain regard sur notre société. Comme « La solitude » ou « La violence » .
  • En collaboration avec ARTE, le FutureMag va à la rencontre de ceux qui inventent l’avenir.
  • L’équipe rédige un blog : « Tout ce qu’on ne met pas dans le magazine…
    Mais qu’on veut quand même vous raconter.»
  • Et mon préféré (même s’il ne fonctionne pas encore bien sur mon smartphone) : l’application Future, qui publie des billets sur des idées novatrices (« Des supporters survoltés pour éclairer les favelas » , « Les avions australiens voleront à la sève » , « Nestlé veut créer un réplicateur de nourriture » ), sur lesquels on peut voter « Excitant » ou… « Déprimant » .

L’avenir a besoin de votre curiosité

« Pas facile tous les jours de croire en l’avenir, quand les promesses de lendemains meilleurs se fracassent sur des réalités tragiques. » nous écrit Jérôme Ruskin, fondateur de la revue. « Quand est-ce que ça ira mieux ? Quand est-ce que le basculement vers une civilisation plus humaine se concrétisera enfin ? »

Son magazine, écrit par une équipe « dévorée par la curiosité » , nous aide à voir l’avenir avec moins de pessimisme.

Vous pouvez vous y abonner ou les commander, l’acheter en librairie (mais à Bruxelles, je ne l’ai vu que chez Cook & Book), ou le lire en ligne.

Vous aussi, soyez curieux…

Un magazine pour combattre le pessimisme
Un magazine pour combattre le pessimisme

Le magazine "Usbek et Rica"...

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2 réflexions sur « Usbek & Rica »

  1. Article très intéressant Paul, comme d’habitude. Ce que j’aime aussi dans Usbek-Rica c’est qu’ils mettent l’accent sur un beau graphisme (même le site web), je sais que tu fais mention dans ton article mais quand tu prends exemple de communication sur le commerce équitable, le bio, la diversité, l’avenir c’est bien souvent laid à ne pas avoir envie de le lire alors que de faire bien c’est la même énergie que de faire mal, du moins pour ceux qui ont du gout.

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